A valentine (Edgar Allan Poe)

Par : Jim
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Jim

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Le jour de la saint Valentin certains hommes (resp. femmes) envoyaient un poème codé de la façon suivante à la femme (resp. l'homme) ayant leur prévalence. Un tel poème se nommait une Valentine. Prendre la première lettre du premier vers, la seconde du second, la troisième du troisième, et ainsi de suite, se dévoile alors le nom de la (resp. du) dédicataire, à savoir Frances Sargent Osgood.

For her this rhyme is penned, whose luminous eyes,
Brightly expressive as the twins of Leda,
Shall fine her own sweet name, that nestling lies
Upon the page, enwrapped from every reader.

Search narrowly the lines ! They hold a treasure
Divine – a talisman – an amuler
That must be worn at heart. Search well the measure -
The words – the syllabes ! Do not forget

The trivialest point, or you may lose your labour
And yet there is in this no Gordian knot
Wich one might not undo without a sabre,
If one could merely comprehend the plot.

Enwritten upon the leaf where now are peering
Eyes scintillating soul, there lie perdus
Three eloquent words oft uttered in the hearing
Of poets, by porets – as the name is a poet's, too.

Its letters, although naturelly lying
Like the knight Pinto, Mendez Ferdinando,
Still form a synonym for Thruth. - Cease trying
You will not read the riddle, though you do the best you can do.

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Ce poème est écrit pour elle, dont les yeux lumineux,
Brillamment expressifs comme les jumeaux de Léda,
Trouveront son doux nom, qui gît niché
Dans cette page, caché aux yeux de tous les lecteurs.

Fouillez de près ces lignes ! Elles détiennent un trésor
Divin, un talisman, une amulette,
Qui doit être portée dans le cœur. Fouillez bien la mesure -
Les mots – les syllabes. N'oubliez pas

Le coin le plus banal, ou bien vous pouvez perdre votre peine
Et pourtant, il n'y a pas en ceci de nœud gordien
Qu'on ne pourrait pas défaire sans un sabre,
Si on pouvait simplement en comprendre la méthode.

Écrits sur la feuille que regardent maintenant
Des yeux qui scintillent sous une âme, ils se trouvent perdus,
Ces trois mots éloquents souvent prononcés devant
Les poètes, par des poètes – comme le nom est celui d'un poète aussi.

Ces lettres, quoique se trouvant naturellement
Comme le chevalier Pinto, Mendez Ferdinando,
Forment cependant un synonyme de Vérité. - Cessez d'essayer !
Vous ne lirez pas l'énigme, quoique vous fassiez de votre mieux.

Edgar Allan Poe, Poèmes,
traduction Mallarmé,
éd. José Corti, 1949



Ce message a été édité - le 31-12-2020 à 00:20 par Jim