Certainement ! Lança Cassandra, pétillante.
Regarde ce cendrier ! Tous ces mégots, objets soi-disant sans âme, et bien, peut-être que les pensées qui ont traversé l’esprit du formateur durant toutes ses pauses y sont rassemblées, là, en vie ! Peut-être que le temps les a répertoriées, comme une forme de mémoire…. Ainsi survivent nos souvenirs, va savoir…
Mais je suis un peu folle par instant n’y fait pas attention !
En longeant le couloir frais qui menait à la classe, elle saisit la main de Djunn le retenant l’instant d’un aveu « crois-tu que le cœur oublie, l’amour qu’on lui offre ? Que l’on soit animal ou humain ? »
Il lui tendit un sourire à l’idée que son passé ne s’émiettait pas, malgré le chemin qu’il avait déjà parcouru.
Emplit d’un zèle stimulé par le plaisir d’être ensemble, d’une poussée de main Djunn ouvrit la porte de la classe avec élégance, laissant Cassandra s’infiltrer entre la porte et lui pour ainsi profiter de la fragrance vanillée de ses cheveux.
Il allongea le pas vers le fond de la classe où pendait nonchalant un grand calendrier mural, et se mit à noter au creux de sa main, le nombre de jours passés sans ses deux destriers qu’il imaginait galopant dans la plaine sans l’âcreté du temps.
Il capta à la volée des mots lancés par le formateur, annonçant quelques consignes à respecter, et lui vînt l’idée d’inscrire comme un éphéméride, chaque instant qui avaient embrasé son cœur d’une douceur inespérée.
Il s’abandonna à cette lumière dorée, emplie de pépiements, de couleurs, de tintements et d’une limpidité presque magique son stylo se mit à courir le long de ses divagations lui offrant ainsi la possibilité de conserver son passé ou de le retrouver, de prendre conscience de sa personnalité, de son évolution.
Au fur et à mesure qu’il couchait sur papier des dates suivies d’anecdotes illustrées, son visage s’éclairait d’un large sourire, estampillé d’adrénaline qui semblait lui donner le sentiment d’exister par l’écriture.
Sur sa gauche, Cassandra le nez en l’air, s’était arrêtée depuis un instant déjà, en quête d’inspiration, l’observant, le menton calé dans sa main, surprise par sa profonde méditation.