Personnages principaux
Dans le rôle de la princesse Lait dann : ANN
et de Léon Tofwalker : TOF
Le 05/08/2011
Premiers mots de notre carnet de bord, le lendemain de notre départ.

La fatigue est là et la cause la plus bête qui soit n’est pas, comme on pourrait le croire le mal de pieds, mais le manque de stylo. Le pauvre Fernand qui en avait rassemblé une grosse poignée, ne comprend pas, c’est un mystère ! Disparus…
Jeudi donc, après la nuit chez Martine et Jean-Paul, des amis qui nous avaient accueillis l’avant-veille, nous voilà partis de Vareilles à 5h pour attraper le train de la Clayette que nous ne nous reverrons sans doute pas avant un long moment.
Station à Chauffailles où la clef 3G nous attend . De nouveau nous reprenons le train pour Lamure sur Azergues. Là démarre véritablement notre périple. Ça commence bien, mon compagnon fin limier, avec fière assurance, nous amène vers la gauche, en direction de Lyon. Je me soumet, avec des réserves, au choix… nous laissons la ville à main droite. Elle n’a rien d’inoubliable pour le commun des mortels mais il y a un point d’eau, une boulangerie et un Casino que nous avons loupés…les essentiels pour des voyageurs sur le coup de midi avec pas grand-chose à manger dans leur sac. Après quelques 800 mètres, un pont pour traverser l’Azergues et au loin le fameux village en hauteur ! On se contentera donc de deux boites de sardines sans pain et quelques spéculos sous le pont.
Malgré tout, au moment du départ, retour sur le village avec vrai repas au square ! Fernand s’acharne sur la connexion 3G qui ne veut pas démarrer. Contact avec le service technique qui nous communique une ribambelle de chiffres et de lettres que, bien évidemment, nous notons…à même le sol, dans le gravier (cf

tylos…)
Premier bivouac sauvage, le soir au bord d’un ruisseau à quelques kms de là.
Aujourd’hui RAS mais les sacs sont si lourds, douleurs à l’épaule à cause des sangles. Petites extases surprises d’un couple certain de vivre un moment solitaire, venues d’un balcon aux fenêtres ouvertes le long de la route nous rend le sourire, ainsi que quelques mûres.
Nous prenons le car à Chamelet pour Lozanne, inutile d’insister quand le corps ne suit pas. Une petite pluie bien agréable qui change de la chaleur d’hier.
Epuisement décision car jusqu’à Lozanne… puis train jusqu’à Lyon.
Soirée resto Vietnamien, on se fait piquer notre table au moment du dessert…drôle de coutume !lol
Samedi
Quelques achats dont un sac à dos mieux adapté en compagnie de mon fils
Soirée tranquille et montage épique de l’armoire par deux pro du montage à l’envers…Un grand changement dans la vie de Quentin qui parle organisation, rangement ! De nouveaux mots ? Un nouvel homme ?
A suivre..lol
Dimanche
Principalement préparation du paquetage ; l’ensemble reste lourd mais mieux réparti… c’est-à-dire qu’avec un beau sac tout neuf, Fernand peut en porter plus et donc moi je m’allège –mais je n’ai rien demande Foi de Normande !
Nous étions passés pour mettre de l’ordre dans les papiers de Quentin à commencer par les retrouver à travers la chambre dont je vous épargne la description. Grâce à ma tête des mauvais jours, mon cher fils obtempère à la corvée paperasse ; affaire à suivre de près.
Le lundi commence bien difficilement : pas de pain… Hum ! c’est un signe ! donc on attend l’ouverture du magasin. yes ! un quignon oublié fera l’affaire, ni une ni deux un café et en route pour le métro et attraper le train pour Mionnay . Rien de plus simple enfin quand on ne se trompe pas de direction...encore un signe… Par Dieu on attendra le train prochain.
L’après-midi marche 14 kms puis, bivouac dans les marécages
eau saumâtre, certainement saturée de têtards
Donc, court-bouillon de bébés grenouilles, et de tout le reste pendant 10 mns, histoire de rendre le breuvage buvable et sans danger. Malgré un filtrage soigné, la couleur reste un tantinet verdâtre quoique plus pale. Allez ! une bonne soupe de tomate à l’eau du marécage… et dodo.
Nuit potable mais allez savoir, mon noctambule de compagnon fait un feu de camp en pleine nuit et moi je dors, je lui laisse la compagnie des moustiques qu’il aime tant.
Mardi matin retour au village pour l’achat express de chaussures, celles de Fernand sont explosées donc retour sur nos pas, puis on continue sur la départementale en direction de Bourg en Bresse jusqu’à Saint Paul de Varax. Bifurcation de dernière minute vers Marlieux où nous passons un après-midi relax sur la place du village en attendant… l’ouverture de la boulangerie. Projet de dormir à la Belle Etoile derrière l’église ; je m’installe ; aucune envie de bouger de mon refuge. Après le rata du soir ( super potage tomates/ vermicelle trempé de pain ( et oui on en a, ça vaut le coup de le signaler ! )
Retour de Monsieur d’un pipi inspiré « Chérie, on lève le camp ; à peine 500 m ! » Soupirs et en fait de 500 m, on marche jusqu’à la nuit sur 5 kms. ( j’ai l’impression de m’être fait avoir…hum…) Bivouac en bordure de marécage dans les hautes herbes, on ne fera que d’y dormir mais avec la satisfaction d’avoir fait le parcours.
Mercredi au village : pharmacie pour anti-moustiques ( les insectes adorent Fernand qui ne leur rend pas) et passage à la boulangerie. Aujourd’hui on fera bombance : p’tit déj avec viennoiseries devant la gare. Je me décide enfin à aller voir les horaires et prendre les billets. Une minute pour tout remballer et attraper le train et pour Fernand courir avec 20kg sur le dos une bagatelle ! Tout cramoisi le bonhomme ! Evidemment on prend le mauvais train direction Lyon donc recourse, tickets entre les dents non compostés ( les billets pas les dents) Fernand sur mes talons on traverse les voies … Ouf on est dans le bon train pour Bourg en Bresse, où nous attendent de nouvelles aventures.
A la gare, contact téléphonique avec la mairie de Ceyzériat qui nous apprend avec gentillesse que le camping tant convoité n’existe plus depuis 4ans… oups ! Après de longs conciliabules, nous optons pour un camping qui bien sûr n’est desservi par aucun transport et vu l’état général des randonneurs, la moue est de rigueur ; on prendra donc le car pour Simandre qui nous approchera d’un douzaine de km de Meillonas.
Arrivés à Simandre, premier contact avec une fontaine, une vraie comme on trouve en montagne et comme les gourdes sont vides c’est un vrai soulagement. Tout à nos ablutions, l’œil retient tout à coup une image semblant sortir de nulle part : un panneau CAMPING ! à droite une ruelle que nous prenons et … l’illumination ! le camping idéal, épicerie juste à côté, une rivière qui clapote à nos pieds, une table en pierre avec ses deux bancs : le rêve, quoi ! On attend un peu l’arrivée de la responsable. Ô joie ! il y a encore de la place ; on se lâche, on en prend pour 10 ou 15 jours, quand on aime on ne compte pas mais on compte quand même ! Un regard sur les tarifs qui défient toute concurrence.
Nos projets de base : manger, dormir, manger, dormir etc. et s’il nous reste un peu de temps se balader sans chargement, se laisser vivre quoi comme on en a envie.
Ce jeudi, c’est la seconde fois que j’ouvre notre livre de bord. RAS, normal !
Ah si ! un divorce en préparation : mon duvet m’horripile, j’étudie plusieurs solutions : la crémation ou l’écartèlement, j’hésite… réveil aux aurores, 10h30.
Au fait, vous vous rappelez la jolie fontaine ? avec un panneau marqué eau potable…et bien on était tellement fatigués, qu’on avait pas vue la flèche indiquant un robinet…ça fait 2 jours qu’on boit de l’eau non potable avec régal ! Costauds les vieux, même pô malades. Café, confiture et beurre tiré du frigo improvisé : un trou dans le sol recouvert de terre et d’herbe ( Fernand sceptique mais ça marche)
C’est vrai que la veille nous avons soldé la journée par un repas princier : chips, vin rouge pâtes à la pulpe de tomates avec son accompagnement de knackis suivis d’un excellent carré de l’est avec deux superbes oranges à peine juteuses ; on avait oublié la goutte pour le café.
Donc cette journée sera ponctuée par la lessive à l’eau chaude, re-pâtes à midi, la sieste pour Fernand et les pieds dans la rivière pour moi , le dos au soleil en compagnie des vairons et des rainettes à vous écrire ces quelques mots.
Une rainette s’est posée sur ma jambe, l’appel du maître m’oblige à vous laisser, non il dort encore je retourne dans l’eau ; pierres glissantes d’algues, bestioles volantes et aquatiques.
Je vous le dis : éreintante cette vie.