Ma flûte et moi, nous sommes tous deux des roseaux.
Pensons-nous ? En tout cas, aucun ne se la pète,
Comme ce chêne de la fable qui trompette
Que c'est lui le plus fort et qu'il donne aux oiseaux
Un abri sûr – au moment même où son tronc pète !
Car l'orage et la bise ont leurs propres ciseaux
Dont ils savent parfois aiguiser les biseaux
Pour rabaisser ceux-là dont trop enfle la tête !
Et rien ne sert alors de souffler du naseau,
De piaffer, d'encorner, de tordre le museau :
À se vouloir un ange on passera pour bête...
Mieux vaut comme un roseau ployer sa tête d'or
Lorsque vient s'y poser en secret la fauvette
Chantant sa liberté au nez du matador !