Sous un ciel bas, gris et morose
Je suis allé tôt ce matin
Admirer la dernière rose
Toute esseulée dans le jardin.
Elle se tenait droite et gracile
Dans le jour pâle et dénudé,
Mais sa tige semblait si fragile
Qu’avant l’ondée je l’ai coupé.
Autant que moi elle est seulette
Mais à l’abri des grands frimas,
Elle sait mes pensées secrètes
La porte close à mes tracas.
Elle embaume dessous la lampe
Les coussins, le gros oreiller,
Ombre le mur, où elle estampe
Sa robe claire déployée.
Je respire l’ultime rose
Un au revoir de mon rosier.
on est aussi si peu de chose
Qu’il faut savoir tout apprécier
Anita
Novembre 2011