Je t'ai parlé dans mes rêves – mon enfant.
Tu y ressemblais à celle que tu es – mon enfant.
Pourtant je ne te connaissais pas encore.
Fillette aux cheveux bruns, au regard profond,
Toute pleine de joie grave – mon enfant,
Je te regardais dans l'avenir – fillette
Aux cheveux bruns, au regard noir d'étoiles,
J'imaginais tes petites épaules qui devraient
Porter ta vie et tes amours, porter ta solitude aussi
Comme chacun porte la sienne – mon enfant.
Et puis un jour tu fus là, comme Minerve sortie
Tout armée de la pensée du dieu, ma belle,
Comme le fiat lux par lequel le monde recommence.
Et j'ai su en te parlant que tu n'étais plus un rêve.
Et je t'ai serrée dans mes bras, toi, tes cheveux bruns,
Ton regard profond et ta troublante ressemblance
Avec l'une et l'autre des fées qui enchantent ma vie.