Amis ! Vous hésitez à dévoiler votre âge ;
Voyez comme ces gens qui trônent sur ce banc
Affichent leur passé comme un bon héritage.
Ils disent qu’aucun d’eux ne fut jamais forban.
Vous parlez de douleurs touchant votre personne
Et du souffle manquant quand vous partez gravir.
Qui donc avancera que c’est le glas qui sonne
Quand vous essayez tout pour tenter de ravir ?
Maintenant apaisez cette forte appétence
Qui vous pousse à nocer sans blâmer les excès.
Mais si vous déplorez une pâle existence
Allez droit au buffet dont vous savez l’accès.
Quand s’entassent les ans on a pour habitude
Qu’on nous dise dument : « donnez-nous le secret. »
Vous semblez guillerets ! Faut-il sollicitude
Pour vous sentir aimés dans ce port peu discret ?
Riez donc de bon cœur, donnez votre formule,
Le Monde vous verra de transport gracieux.
Vous aurez bien des joies sans apparaître mule
Et puis l’éternité pour rejoindre les cieux.