I. Ignition
Le ciel blanc écrasant aplanit l’atmosphère
L’air danse éphémère, miroir sans teint troublé
Reflet d'un silence qui témoigne accablé
De la lame sèche qui craquelle la terre.
La vie est terrassée, abdiquant dans la guerre
Amorcée par l’humain, au cœur endiablé
Tableau soudain figé, que rien ne peut troubler
Hypoxie naturelle insufflée sans colère.
Je suis dans mon jardin, hier si accueillant
Aujourd’hui un enfer, malgré lui malveillant
Je ne puis y rester, je fuis cette torture.
Le vingt-et-un juin, an deux-mille-vingt-six
Quarante-et-un degrés, l'humanité future
Pleurera les étés vécus au temps jadis.
II. Bouquet final
Le ballet rubicond a embrasé la scène
Les danseuses enflammées dévorent avec passion
L'espace fait de bois, parsemant l'ignition
Fouettés incandescents, balancés pyrogènes.
Les applaudissements crépitants se déchaînent
Le souffle ardent rugit, siffle sous la pression
La fugue ignée pétille, redoutant l'extinction
Renaissant sous le vent, nymphe prométhéenne.
Fête nationale du quatorze juillet
Les feux d'artifices vont se multiplier
Nous regardons ailleurs, aveugles égoïstes.
Notre maison brûle, voilà le vrai tableau
L'incendie ravage la forêt des artistes
Aux portes de Paris, c'est à Fontainebleau.
III. Qui aurait pu prédire ?
An deux-mille-vingt-six, plein été, canicule
Cap-Ferret, Biscarosse, et bien d'autres ailleurs
La France est parcourue d'incendies fossoyeurs
Malveillance, imprudence, et soudain tout bascule.
Méga-feux dévorant les forêts sans scrupule
Ces ogres enflammés sont les mauvais payeurs
De ceux qui nous vendaient tout un monde meilleur
Vies et maisons perdues, voici le seul pécule.
Rapport Meadows défunt, le réveil est cruel
Ils disaient : "Vous rêvez !", ce n'est plus virtuel
On vivait à crédit, nous passons à la caisse.
La Terre renaîtra, les cendres fleuriront
Mais dans ce renouveau, où sera notre espèce ?
Certains sont sur les greens, tandis que nous pleurons.