Quelques amours en vrac (tout sourçage confondu)

Par : Hapaxanthe
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Hapaxanthe

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Salut, je vais centraliser tout ce que j'ai envie de partager ici pour éviter de trop inonder le forum, je commence avec Paysages Polaires de René Chopin, poète québécois méconnu :

Citation de René Chopin :
Le firmament arctique étoile sa coupole,
Le vent glacé des nuits halène irrégulier
Et fait étinceler tous les astres du Pôle
Le Cygne Crucial, la Chèvre, le Bélier…

Rideau de gaze en sa transparence hyaline,
Les écharpes de l'air flottent dans les lointains.
Comme un disque argenté, la Lune cristalline
Plonge dans l'Océan ses deux grands yeux éteints.

Telle que nous la montre, étrange architecture
De neige et de glaçons étagés par degrés
Sur la plage de pulpe ou sur la couverture,
Le dessin suggestif des livres illustrés,

Géante elle apparaît, manoir ou cathédrale,
La banquise polaire avec grottes à jour,
Comme un magique écran de clarté sépulcrale
Où l'on voit s'ériger les créneaux d'une tour.

Elle a porche sur mer à sa vaste muraille,
Avec, en escaliers, de larges monceaux vifs
Où nul pas ne se pose, et que la lame taille,
Et qui sont, émergés, de somptueux récifs.

Édifice branlant d'assises colossales
Aux colonnes d'azur, aux piliers anguleux,
J'y vois des corridors et de profondes salles
Où pendent par milliers cristaux et lustres bleus.

Trésors inexplorés de fausses pierreries,
Aiguilles et joyaux, métal immaculé,
Parmi leurs amas clair les marines féeries
Jadis ont déposé la coupe de Thulé.
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Hapaxanthe

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Pierres Brûlées

Citation de Aorlhac :
Chaos rocheux, volcans unis dans un éternel sommeil
Quand nos yeux et nos esprits font face à tes merveilles
Ces géants d’Auvergne, éreintés, érodés par les glaciers
Ravivent nos cœurs, nourrissant d’incessants brasiers

Entre tes horizons chancèlent les pieds de gentiane
Leur robe jaune pâle, rendue nectar avant qu’elle ne fane
Tes raides sentiers loin des nuisances et du béton
D’un linceul d’errance, enveloppent nos pas vagabonds

Supériorité vertigineuse, les splendeurs d’antan
Forment en harmonie les amples chaînes du temps
Aux confins de tes sombres arcanes, ta nature se découvre
Et toutes tes énergies à nous, lentement, s’ouvrent

Vivantes encore, sont les beautés de siècles distants
Et à tes pieds, l’écho désespéré de nos cris déchirants
Résonnent puis s’enfuient dans l’immensité
Emportées par le vide, nos oraisons lacérées

Quand les hommes s’embrasent en d’incessants charniers
Les querelles du monde face à tes rocs ne font qu’échouer
Les nuages par-delà tes sillons pleurent ou se retirent
Indicibles contemplateurs, d’un règne à reconstruire
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Salus

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Merci, Hapaxanthe
(Grand prêtre de la secte de l'Apax, je suppose...)


Le premier m'a fait flasher
(Hélas, bien moins le deuxième,
Que j'ai fini par lâcher)
Mais Chopin, par les dieux, j'aime !


(Pis j'ai appris le verbe "halener" : " Exhaler son haleine", ça alors !)
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Hapaxanthe

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Et oui, quel génie ce Chopin... à la fois pionnier du piano grand poète
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Hapaxanthe

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L'Atlantide

Citation de Stanislas de Guaita :
Loin de la multitude où fleurit le mensonge
Puisque l’âme s’épure et s’exalte en rêvant,
Au gré du souvenir vogue, ô mon Âme, et songe :
Songe à la cendre humaine éparse dans le vent ;

Songe aux crânes heurtés par le soc des charrues ;
Aux débris du passé dans l’inconnu flottant :
Car des mondes sont morts, des cités disparues,
Où la vie eut son heure et l’amour son instant !




Aux siècles primitifs, une île, immense et belle,
Nourrice jeune encor d’un peuple de géants,
Livrait à ses fils nus sa féconde mamelle,
Et sa hanche robuste au choc des océans.

Cette terre avait nom l’Atlantide. — Des villes
Y florissaient alors, superbes, par milliers,
Avec leurs parthénons et leurs jardins fertiles,
Et leurs palais de marbre aux antiques piliers.

Aqueducs ! Monuments massifs, aux colonnades
De jaspe, défendus par de grands léopards !
Coupoles de granit ! Innombrables arcades
Brodant de leur dentelle épaisse les remparts ! —


L’on eût dit des forêts de pierre. — Les bois vierges
Reflétaient leur verdure aux lacs bleus sans roseaux,
Et l’âme des jasmins et des lys, sur les berges,
Se mariait, légère, à des chansons d’oiseaux !

Un cantique montait d’espérance et de joie
Vers Jupiter très bon, très auguste et très grand :
L’homme tendait les mains à l’azur qui flamboie,
Et le fleuve apaisé priait — en murmurant !…

Mais ce monde, marqué du sceau de la colère,
Devait s’anéantir, sans que rien en restât
Que des îlots perdus sur l’onde tumulaire,
— Seuls vestiges épars où notre œil s’arrêtât !

On entendit rugir les forges souterraines,
Tout le sol s’effondra, secoué brusquement…
Et la mer fit rouler ses vagues souveraines
Sur la plaintive horreur de cet écroulement !




Cependant, par delà ces monstrueux décombres
Que, sous mille pieds d’eau, tu vois se dessiner,
Ô mon Âme, entends-tu ?… Du fond des lointains sombres,
De prophétiques Voix semblent vaticiner :



— « Ainsi les continents, les villes séculaires,
« Les grands monts hérissés de sapins et d’orgueil,
« L’homme et ses passions, le monde et ses colères,
« — Cadavres disloqués et mûrs pour le cercueil,

« Gigantesques amas sans nom, épaves mornes —
« S’engloutiront un jour, (tout étant accompli,)
« Sous les flots ténébreux d’une autre mer sans bornes
« Et plus profonde encor — qui s’appelle l’OUBLI !


« Alors, exécutant la suprême sentence,
« L’ombre, comme un déluge, envahira les cieux ;
« Et tout bruit s’éteindra, comme toute existence,
« Dans le néant obscur, vaste et silencieux. » —
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Salus

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Stanislas de Guaita...encore un cubain ?
(Poème époustouflant et parnassien jusqu'à la perfection)
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Jim

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Bien écrit, mais pas fréquentable sans masque et sans gants. Gaffe à l'intox, il en mourut empoisonné, comme tout mage respirant trop de mercure.
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Hapaxanthe

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Jamais je finirai de me perdre dans l'atmosphère de ces petits vers libres

Citation de Gris :
Nous sommes l'aube d'une nuit assassine.
Nous viendrons, pleins de nébuleuses et de soleils,
Jeter nos rêves noirs des perles d'ombres,
Dans un désert de flammes qui dansent toujours.

Nous revenons de continents embrumés,
Nos vaisseaux, bercés d'écumes nouvelles,
Ramènent tous leurs trésors secrets,
Leurs peines, mélancoliques aciers,
Mercures délétères.

Nous avons retourné les ruines, nos mémoires,
Portés de colère et d'autres ailes sauvages,
Au travers de pays voilés de cendres,
Soufflées entre les fissures de nos épaves.
Nos voyages infinis parsemées
De flambeaux d'espoirs pauvres.

Nous revenons des guerres, des blessures,
Avec les richesses que l'univers massacre,
Des lames tordues et des chants brisés,
Leurs cercueils remplis d'étoffes,
Aux couleurs crevées du sang
Et du cœur.

Ce cœur nous guide au devant des nuées d'étoiles,
Vers d'anciennes forges oubliées.
Dans un désert de flammes qui dansent toujours,
Nous venons extraire l'âme avilie
Des ordures alchimiques.

Vers d'anciennes forges oubliées,
et d'autres distances encore...

Nous sommes l'aube, gorgée de larmes d'or.
Des serpents de feu et des lumières explosées,
Des arbres d'argent, enracinés au cœur,
Dans les forges, leurs enclumes, et au ciel,
Des oiseaux incandescents.

Nous sommes l'aube d'une nuit assassine,
Née au-delà des tristesses,
Porteuse de sécheresses et de temps.
D'éclats et de renaissances.

Nous venons d'avant
Les mondes effondrées
À jamais vivants
Des rythmes d'avenir.
Le fruit de toutes les ténèbres,
Dans nos yeux, a inventé
Un jardin de diamants.

" Ô Petite Humanité,
Qui crève dans l'aube des jours,
Tombées, comme une flamme silencieuse,
As-tu dévoré tes rêves ? "