L'ombre de beauté

Par : Jim
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Jim

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Ancienne est la cité dans laquelle suis né
Des hauteurs des côteaux ils virent le grand fleuve
Avant que dans son coude ils ne fondent la neuve
Sur sa berge le Goth aima se promener

Le débord et la peste ont parfois malmené
Cette perle occitane où la plus rude épreuve
Fut que du soleil l'œil du nuage ne pleuve
La folie du pastel fit quelque fils damné

Et la démente foi sacrifia sur la roue
Ou brûla sur Salin tel père malheureux
Ou bien cet italien à l'esprit trop curieux
Même dans son écrin le trobar on écroue

Pourtant Clémence a de sa main déposé l'aure
Qui germe dans l'esprit et tout amour enflore.

©JIM
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Pierre Lamy

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Perle occitane ? Fleuve ?
Toulouse
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Assonance

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Je n'ai pas toutes les références auxquelles vous faites allusion mais j'ai apprécié ce poème semblé venir d'un autre temps.

Amicalement.
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Jim

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     Oui, PierreL & Assonance, j'alluse gaiement dans ce petit poème. Il s'agit bien sûr de Toulouse, ville qui existait bien avant l'invasion romaine. Les Goth – et les Volsques Tectosages - s'y installèrent sur ses rives, sur les hauteurs de ce qu'on nomme aujourd'hui les côteaux de "Pech David" ("pech" signifiant "pic"), et une première cité fut construite qu'on nomme présentement "vieille Toulouse". Des hauteurs, on voit la Garonne faire un coude vers l'ouest; c'est là que finalement les fondateurs s'installèrent. Le fleuve est alors grossit par l'Ariège qui afflue. Deux ou trois ports se développèrent se concurrençant, le courant menant jusqu'à Bordeaux / Burdigala. Dans l'autre sens, pas de navigation sans chemins de hallage.
     La production et le commerce du pastel permirent à la cité de s'enrichir, ce qu'on nomme la renaissance toulousaine, et les bourgeois les plus riches rivalisèrent à qui aurait le plus bel Hôtel muni de la plus haute tour...
     La ville se développa surtout sur la rive droite, protégée par la Garonne et un mur d'enceinte. Lors d'épidémie - de peste entre autres - les malades étaient confinés soit hors les murs, soit par delà le fleuve, dans des hospices dédiés au confinement. Dans ces temps arriérés, les décideurs confinaient les malades, pas les gens sains. Le peu de succès de cette politique sanitaire n'empêcha pas la cité de prospérer jusqu' à aujourd'hui.
     Cette cité fut extrêmement catholique, jusqu'au fanatisme. Bien que la Réforme y fut tolérée, c'est cet excès qui mena Calas (protestant) au supplice de la roue (cf.: Voltaire) et au bûcher Vanini pour hérésie - défendant des idées proches de celles de G. Bruno. Près d'un port de la ville se trouve une place dite du Salin, car c'est là que s'y faisait le commerce du sel, elle jouxte celle dite du Parlement - ce rapprochement des lieux n'est pas un hasard. C'est sur cette place que Vanini fut exécuté. Ici,j'utilise le mot « trobar », à savoir « troubadour », dans son sen premier de « trouveur », autrement dit, le poète est celui qui cherche, certes, et trouve, qu'il soit chanteur ou philosophe, ou quelqu'autre faiseur d'artifices.
     La basse ville, par delà le fleuve, était peuplée de pauvres gens exposés aux inondations lors des crues de la Garonne, les maisons construites en argile s'effondraient et les pertes étaient sérieuses. Raison pour laquelle des digues furent érigées, pour protéger cette partie de la ville située plus bas que le niveau du fleuve.
     En revanche, divers arts, dont la poésie et le chant, prospérèrent à Toulouse. La légende dit que Clémence Isaure fonda les jeux floraux dont l'académie est toujours active. Péire Goudouli, poète du XVIIème siècle, et Victor Hugo en furent primés.
     Dans les derniers vers, je rapproche Clémence de Laure de Noves, muse de Pétrarque dont celle-ci laure le front, tandis que Clémence insuffle l'aure dans l'esprit du poète, « aure » signifiant «le souffle ». Le verbe « enflorer » renvoie à cet ensemencement.