La vie est belle

Par : Evemarie
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Evemarie

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Début d'après midi, aujourd'hui, en forêt avec ma chienne. Elle n'a pas de laisse sauf si nous rencontrons d'autres personnes, en principe elle musarde devant moi, à quelques mètres.
Soudain j'entends des chiens aboyer furieusement, très près de moi sur le côté droit de la route, j'entends le bruit de grelot qu'ils ont au cou se rapprocher...Je décide de rappeler la chienne car j'entends un bruit sourd, un piétinement une cavalcade et je vois arriver droit sur nous, une horde de sangliers en file les plus gros devant, deux, trois, quatre, puis derrière des moyens, trois, et des plus petits derrière, au moins cinq, en tout une bonne douzaine...
Je retiens mon souffle,je redoutais que cela se produise, en un réflexe, j'attrape la chienne par le collier et je me place derrière un tronc d'arbre.
Le troupeau passe à deux mètres de nous, en diagonale.Nul doute que si nous nous étions trouvées sur leur trajet, ils n'auraient pas changé leur itinéraire, ils nous auraient piétinées, pas attaquées comme je le supposais, sans que cela ne perturbe leur cadence de fuite. La scène était un peu surréaliste, au ralenti comme dans un film, les sangliers ne semblaient pas fuir un danger, et l'un des petits peinait à suivre. Avant qu'ils ne disparaissent dans le fourré, j'ai pu les compter.

Donc, deux chiens à leurs trousses, ils traversent la route, et l'un derrière l'autre s'enfoncent dans les buissons, et là, j'entends comme un carnage, les grognements de sangliers, qui faisaient face aux chiens, et tentaient de les attaquer. Les chiens aboyaient, ils étaient petits, des ratiers, les sangliers beaucoup plus imposants donc il y eut une belle bagarre, les sangliers ont fait volte face une fois dans les taillis, et se sont défendus. La scène a duré au moins 10 minutes, je n'osais pas revenir sur mes pas.

J'ai alors vu au loin, un chasseur, avec son fusil dans le dos, au bord de la route immobile, on aurait dit une statue : il avait rappelé et attaché ses chiens, dont l'un était blessé : n'ayant pas le droit de chasser sur les terres de la commune voisine, il ne pouvait tirer sur les sangliers, d'après ce qu'il a prétendu car il avait bien son fusil en bandoulière, ses chiens...
Qui me dit qu'il n'a pas adopté cette attitude de respect de la législation, découvrant qu'un témoin assistait à la scène ?
Les sangliers ont échappé à la mort pour cette fois.

Et la chienne et moi, avons échappé au double danger; d'ordinaire nous craignons les tirs intempestifs, mais se retrouver en face d'une meute d'animaux sauvages se sentant en danger,c'était la première fois.

C'est décidé, dès lundi, je fais un stage d'entrainement au port du gilet pare-balle, et pour grimper aux arbres plus vite que mon ombre, avec ma chienne agrippée à mon dos.

Hou que la vie est belle !
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Jim

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Il est un film infiniment drôle que j'adore; chaque fois qu'un quidam style "bien pensant propre sur lui" me titille la glande à baffes, je l'imagine dans le rôle secondaire essentiel de ce chef d'oeuvre qui résume la condition inhumaine : "Les chasses du Comte Zaroff". J'y vais chaque mercredi après-midi avec les enfants du voisin, la famille Marcassous. C'est fou ce que les marmots rient !