Le carnet de bord

Par : Inconnu
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Je me connais, je me dois de dévoiler un minimum pour continuer le "rôle" qui est le mien et vous vous dites : « mais de quel rôle parle t’elle ? », je vous parle du devoir d’être humain. Je ne suis pas fâchée de temps en temps de laisser aller mes dires et mes actions, bien au contraire et je pense même que paradoxalement c’est très égoïste ou très courageux de s’y hasarder. Oser affirmer ses aperçus, c'est comme ces grands secrets qu’on livre en sachant qu’on demande à l'autre d’assimiler un fardeau, un poids supplémentaire mais il me semble que cela reste principalement un don, un abandon de soi...

Je lis pour la seconde fois le texte original d’un ami, écrit entre 1984 et 1987 mais cette fois-ci je m’attarde plus sur certains passages, certaines dates …, et curieusement je m’aperçois que je cherche mes propres souvenirs, sûrement dans l’espoir somnolent de me rapprocher de son bouillonnement à travers l’espace-temps….

Je me souviens du mois de juin 1985, je rencontrais un homme de vingt ans et je perdais mon innocence dans ses bras, quatre ans plus tard je l’épousais. Un damoiseau me prédisait que je rendrais cet homme très malheureux qu’il fût préférable de fuir, de passer mon chemin. C'est énigmatique de lire qu'au même moment très loin, il y avait un jeune homme de mon âge qui vibrait de tout son être en écrivant pour la première et seule fois en rouge ses adages de cet identique mois sur son carnet de bord, que je lirais vingt années plus tard....que la vie est bizarre !
Je me rappelle aussi que j’obtenais la meilleure note en pratique et en théologie du bahut, mais je décidais de ne pas aller passer l’écrit et de mettre un terme à mes études. Ma mère rentrait à la clinique pour une intervention chirurgicale et pour la première fois elle me parla ouvertement d’elle. C'est aussi l'année où mon père quitta la maison et enfin les portes ne claquèrent plus.

J'ai plein de souvenirs qui défilent à une vitesse extrême devant mes yeux. Je ne dirai pas un film mais plutôt des éclats de vie, de ma vie, une part de moi peut-être occultée ou tout simplement rangée dans un coin qui laisse d'étranges sensations.
J’ai vraiment bien fait d’inviter ce complice à me prêter son manuscrit et quelle aubaine qu’il l’ait conservé. Je suis sûre qu’avant de m’accorder le droit de découvrir ses authentiques moments d’adolescent, il a dû longuement hésiter à me confier cette intimité pubère puis en souriant il s’est dit :« aller je cède à sa demande, je verrai bien le résultat, cela peut-être enrichissant ». Je voudrai qu’il sache que je n’aurai pas insisté d’avantage.

Je trouve que ces trois petits cahiers collés les uns aux autres sont de vrais trésors. Il m’a fait un merveilleux cadeau, rien de cet ouvrage ne doit être dénaturé, il doit rester comme tel. En prendre soin me semble un devoir. C'est troublant de sentir à ce point ma mémoire dynamisée par la lecture de ses entendements.

Cela m’a donné envie de fouiller dans mes affaires d’enfance, afin de trouver peut-être un trésor oublié. Je n’ai découvert que des dossiers appliqués et quelques dessins, dont un à l’encre noire représentant le profil d’une jolie femme aux allures futuristes et tristes. J’envoyais par mail l’image de ma trouvaille afin de faire partager à mon tour un peu de mon jeune temps à ce complice chaleureux.

Je me remémore à l’instant qu’à l’abri dans un coin de mon garage je conserve depuis de longues dates un petit pot en verre transparent fermé d’un couvercle blanc. Il est exactement à l’endroit ou je pensais l’avoir laissé. En ouvrant le fragile bocal de drôles de sensations s’emparent de moi, comme si tous ces souvenirs appartenaient à une autre. Mais à l’intérieur je retrouve des choses familières, une feuille bristol pliée adroitement, on peut encore y lire des prénoms, des dates et des lieux. Il y a aussi des tickets de fêtes passées, de minuscules objets comme une chaîne et son pendentif en argent, quelques pièces de monnaies étrangères et même un fin morceau de tissus parfumé qui a conservé ses arômes alambiqués. L’odeur raffinée du petit morceau d’étoffe m’évoque les vacances, l’insouciance, la bonne humeur, un petit village de Provence, une fête votive, des amis et un jeune soupirant parisien, même son nom me revient en tête Pascal B.

Abracadabrant toutes ces traces qui émergent aussi facilement, comme si tout reprenait vie, maintenant c’est un film qui défile devant mes yeux et tous mes sens sont en éveil. Ma respiration est presque inaudible et le silence a envahit toute la pièce, mon esprit erre dans ses annales.

Je reste un moment rêveuse absorbée par un temps révolu mais si vivifiant. Brusquement un ressenti m’extirpe de mes esquisses, une sorte de secousse frissonnante comme un spasme de pur plaisir qui me ramène au temps présent. Le bout de mes doigts vient d’effleurer instinctivement les feuilles jaunies du carnet de bord, je prends conscience que je suis bien vivante, je vibre….


janvier 2005

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Aglae

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No comment!
Tres bon!
J'imprime et reviens plus tard!
Aglaé
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Aujourd'hui

Tous ces mots mis à la ligne, à la queue leu leu d’états d’âmes ravageurs, livrés propres et ordonnés sous mon regard noyé en un compte-rendu presque indécent par tant de spirales détournées de leurs simples mouvements.

Les maux d’amour restent les mêmes, travaillés ou pas, comme un plus un égale trois.

Que j’ai mal, mal d’aimer à l’envers, à l’endroit, mal de tirailler ma raison suspendue entre ciel et terre, mal de n’être libre qu’en intermittence de choses qui ne peuvent se défaire de mes racines même mises en lumière.

Que j’ai mal, mal de cette douleur silencieuse, sourde que je sais deviner sans même nommer précisément. Elle… elle, encore elle, qui finit toujours par ternir insidieusement mes jours de grand soleil, mes rires, mes félicités. Que j’ai mal de mon impuissance à me soustraire radicalement de cette ancre pesante qui m’entraîne toujours et encore plus loin, plus profondément quand tout autour de moi je sais et sens l’amour.

Que j’ai mal, mal de chercher, de quêter ce regard qui d’un seul clignement m’apaise et me plonge dans ma source aux confins de celle que je suis sans fioriture, ni entorse, combien de fois faudra-t-il que je m’oublie, me maltraite pour enfin n’appartenir qu’à moi ?

Relire fait quelquefois mal !
Live inopportun sans doute ;)
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Inopportun certainement pas...émouvant,sincère, terrible, magique...
Merci pour ce bel aveu 😃
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Un aveu ?

Je ne pense pas Tofka, peut-être est-ce un cri, un de plus qui finira certainement avorté de non-sens, tué par le devoir d’avancer debout, fière et responsable comme un Homme de plus aux promesses vaines. Les maux s’ensevelissent si facilement d’un terrain meuble et brillant, ils se parent même de fleur d’opium, d’eau distillée sirupeuse et d’ondes doucement acidulées par le cliquetis des aléas fortuits et incongrus d’un mode de vie dit civilisé.

Aujourd’hui, ai-je seulement l’envie de crier dans tout ce vacarme de S.O.S qui enrobe d’un voile solitaire un monde ou l’individualisme devient force des choses si tu n’y prêtes pas attention ?

Oui ! Le monde est beau et extraordinaire !
Je pourrai cracher, brûler, m’inventer au vent, réussir à river deux rives en savantes alchimies ou faire disparaître le soleil quelle importance, quel intérêt, si je ne suis pas investie par ma propre allégeance ?

Je suis fatiguée de tous ces discours éconduits et bienséants qui affirment détenir ma vérité… ma liberté fleurissante.

Hé ben Tofka je crois que je me suis encore lachée, serai-je bavarde? 😂 , merci... 😃
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Aglae

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J'aime surtout cet effort pour dire l'intime, le changeant, le paradoxal, tout ce qui est tu en général...aux autres et souvent à soi même...d'où les clichés et les platitudes que tu nous invites à fuir en nous donnant l'exemple...bravo!
Glaé 😃
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Aglaé,

Je suis prudente, espiègle mais aussi impulsive, coquine, mon entourage proche me surnomme quelquefois « Chianly » ce n’est pas très flatteur mais dans leur bouche c’est un doux compliment qui rime avec SylVie. Je ne pense pas livrer mon intime, juste délivrer le haut de mes vents violents, voire colériques, comme un simple pan de montagne violenté par l’immaculé d’un blanc qui sous son poids originel, ploie et se décroche en vrombissement assourdissant. Souvent on me reproche cette rage de vivre chancelante et passionnée qui passe des larmes aux rires en un éclat mais elle est et reste un atout majeur de ma personnalité.

Mais comment faire comprendre à l’autre ce que moi-même j’ai tant de mal à saisir, comprendre et gérer… l’instinct, l’hyper-sensibilité, les sautes d’humeur, l’élan, la ferveur…, tous ces paradoxes si banals, si universels sont des stratagèmes innés, propre à l’Homme, ils sont envahissants, éreintants et souvent finissent en rondes interminables et incompréhensibles d’où naissent les malaises et les sensations de morte-vie. Tu vois Aglaé dans tout cet étalage je ne vois pas d’effort de ma part, juste une survie nécessaire et égoïste, un cliché pâle en noir et blanc, froid comme ce jour…

Bisous DoucAglaé !

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Aglae

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Cette Femme là


Vous envoie à tous les diables
Elle ronronne plus près plus près
Ou geint à corps et à cris
Prête à sombrer dans sa nuit

Soit prend tout à la légère
Rigole sous son parapluie
Soit blessée par un seul cri
Deux larmes tremblantes aux lèvres

N’accepte ni tu ni vous
Affirme jamais, jamais,
La douleur qui la tenaille
Ne la confie à personne

Bien capable de mêler
Vieux mensonges et vérités
Une vraie femme versatile
Impassible ou chavirée
D’un seul battement de cil
Aimante, mal aimée, aimée…

aglaé




😃
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Selisona*


Le tonnerre gronde dans son regard de femme.
Tout vacille, vrille, vibre dans son corps tourmenté,
page ouverte sur l'âme du monde, elle crie, s'égosille,
elle écrit sa force dans vos souffles sourds,
entendez la,
imprégnez-vous,
le temps d'un mouvement d'air, le temps d'un flux en abandon,
le sourire agrippé au chant délié de vos échos,
entendez la!

Elle vous conte l'éphémère bonheur à quêter l'antre sacré,
l'univers sous couvert de ces danses, ces rythmes endiablés.
Elle s'insurge contre vents et marées dans le silence pesant,
s'offre nue dans le tourbillon glacial de ses peurs,
de vos maux qui endorment les désirs de vivre vivant.
Elle supplie «je vous aime», «je vous aime» ne fuyez pas, elle veut se perdre dans vos pas le temps d'un long soupir, le temps d'un cri passion, le temps de vous chérir d'avantage, le temps de vous aimer!

Peu importe les dogmes, elle brûle d'un feu qui ne s'éteint pas,
elle enfante ses rêves dans l'opulence de votre profondeur,
elle caresse vos douleurs jusqu'à perdre raison et dans un sanglot étouffé s'embrase d'une lueur que seul les astres devinent.

Et tout vacille, vrille, vibre dans son corps tourmenté,
page ouverte sur l'âme du monde qui s'égosille et brille,
sons ciselés de souffles gourds.
Entendez-vous?
L'instant paraît si prés mais déjà si loin, tout tremble, tout s'enfuit
dans les sens harponnés de vie, dans les sens envahis de plaisir,
entendez-vous?
Entendez-vous...

Elle crie!

Et tout vacille, vrille, vibre dans un monde ou l'éphémère est roi,
livre ouvert sur l'arme des mots qui s'égosille et brille
comme lames aiguisées et tranchantes d'un espace vierge à effeuiller,
d'un espace à construire dans le bruit et la décadence, d'un espace à ériger en monument.
Et tout vacille, vrille, vibre dans son regard,
elle perd la notion du monde et s'épuise à vous parler de l'antre sacré,
elle s'échappe dans le sombre éclairé d'un mutisme parlant,
s'offre plus forte dans l'absence de vos yeux hagards.

Elle vous crie...

Aimez-moi!


*Selisona Pi titre de E.S Posthumus.
Musique inspirée de la philosophie pythagoricienne qui dit que «la musique est l'harmonisation des opposés: la conciliation des éléments en conflit»