Index du forum / Textes longs / [Public averti] Une bastos dans le buffet
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Evemarie Posté à 10h20 le 01 Nov 13
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Messages : 1602 Une bastos dans le buffet.
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Tu sais, c’est comme quand t’as pris une bastos dans le buffet. Il y a mille millions de décibels qui déflagrent à tes oreilles.
Un liquide poisseux s'égrenne d’un orifice à peine visible dans ma veste de jeans.
Le liquide visqueux éclabousse, insolent.
Je suis pâle et je porte ma main comme pour empêcher la vie de s' écouler par le putain de trou.
Lèvres livides… cheveux défaits…
Du sang sur mes mains.
Ma vue se trouble et comme dans un ralenti de cinéma, je tombe face à terre.
Je ne ressens pas de douleurs, quelque chose n’est pas normal dans cet étonnement, le sol est bleu, ou c’est les larmes qui brouillent ma vue.
Puis d’un seul coup, la douleur est partout, irradie, mon cœur caracole, s’affole, ricane, mon coeur, ce con me dit dans un ultime sursaut « : tu vois où ça nous mène tes conneries, au bord du trou »….
Au secours !
J’ai pris une bastos en plein cœur !
Je prends une bastos chaque fois que je vois de loin l’hôtel.
Aux murs ocre.
Juste en face de Leroy Merlin.
Troisième fenêtre à gauche.
Premier étage.
Arrêt sur image : je monte les escaliers, mes talons grignotent les dalles.
Je sens ses yeux posés sur mes fesses moulées dans ma robe noire. Je ne me prive pas de les balancer, je sens qu'il est... subjugué.
IL pose ses mains sur mes hanches d' un air gourmand :
« Mum... t’es jolie" ce qui dans la bouche d'un keum qui regarde tes fesses, veut dire :" hum, joli cul".
La porte refermée, vite.
Nos vêtements volent
Et le reste.
Je viens de passer devant chez Leroy Merlin, je me suis promis de ne pas lever les yeux.
Pour ne pas me perdre. Ni perdre mon âme, ni la vie.
Retrouver la tête froide. J’ai cet espoir insensé,
Il y aura forcément un jour où je passerais par ici, sans même voir ce putain d’hôtel !
La couleur de la façade m’importera peu ! Je ne perdrai plus mon sang, étendue sur le trottoir. Mes rêves définitivement expurgés, heureusement, on guérit toujours d’un chagrin d’amour.
Faut juste du temps.
« Madame !...
Vous m’entendez madame ?
Je suis pompier, ne bougez pas, je m’occupe de vous.
Battez des cils si vous m’entendez...
Vous avez été touchée par une balle….Elle aurait pu être mortelle, vous avez de la chance, elle est logée dans votre fesse droite … »
Chaque fois que je passe devant chez Leroy Merlin, je prends une bastos.
C'est la cinquième en deux mois, c'est dire.
Et j’en ai marre.
J’attends.
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