Citation de Chassamor :Deux questions : pourquoi cela s'appelle-t-il "duo" et "Cet étranger qui m’aime", est-ce le narrateur?
Réponse tardive...
En fait, une seule question. Il s'agit du thème du double. De cette sensation que l'on a, surtout adolescent, de se détacher de soi et de s'observer tout en ayant conscience d'être en ce même corps. "Je est un autre", disait mon pote Arthur. Sans doute étais-je un peu schizo sur les bords, mais c'est un thème que j'ai assez souvent traité à cette époque. J'ai commis ce texte lors de mes 18/19 ans. Le détachement, ça aide à l'objectivité, bien que là, ce soit exactement le contraire ; ça aide à se désengager, à voir son environnement comme étranger, et à se voir étrangement soi-même. De toutes façons, le "Je" est inévitable alors autant en jouer. Le schizo pratique le multi-je. Puis, avec le temps, la personnalité, comme le ciment, prend, se fige sur une de ses facettes au lieu de basculer de l'une à l'autre au hasard. Cela peut-être amusant de changer en conséquence de regard, parfois aussi désagréable quand la facette sombre s'impose.
Dans ce texte aussi (
http://lespoetes.net/forumvoirtopic.php?t=1739), le thème du double apparait en dernière strophe : qui est ce "toi" ? La compagne ? Soi ? la compagne comme complément et donc le double de soi-même ? L'interrogation du texte mène à se sentir diffus, épars. Comment se rassembler ? J'ai souvent envié autrui que je trouvais mono-bloc, donc plus simple, et donc de vie plus facile, car voyant tout d'un unique point de vue. L'altérité tend vers l'altération.
Là aussi, bien que plus récent, il y a dédoublement :
http://lespoetes.net/forumvoirtopic.php?t=1693