Pêche miraculeuse
Dieu est au ciel.
Dieu est par terre.
Il est aussi dans la pomme, comme un ver.
Adam est avec Ève, au bord d’une rivière.
Il pêche.
Elle pense.
Chacun, dans son monde, s’ensemence.
« Et si on péchait ? »
« Là, maintenant ? Je n’ai pas le temps »
Adam vient d’attraper un poisson.
Grand, rond.
C’est le poisson Dieu !
« Puis-je Te manger ? »
« Qui, Moi ? »
« Avec foi. »
Adam est gourmand de viande.
Et d’esprit :
« Pourquoi T’es-Tu mué en poisson ? »
Dieu aime les questions.
Il se tait.
Il a des écailles, du vitrail.
Une bouche qui s’ouvre et s’éraille.
« Je ne saurais ! »
Adam tend le poisson à l’aimée : vive, empourprée.
Elle n’a qu’une idée :
« Marche sur l’eau, si tu peux ! Comme un dieu. »
L’onde le prend.
Saintement.
L’homme a faim et se fâche.
Ève apprend le cache-cache.
Dieu luit.
Il fait jour, il fait nuit.
Sous le fruit.