Le marché
Mes tomates, pas chères,
Dis, t’en as vu des com’ça,
Et les melons, extra,
Faut pas qu’ t’exagères,
Sinon, t’en auras pas.
Sur le marché du boulevard,
Y a aussi des canards,
Des œufs, du beurre, du veau,
En saison du chevreau.
Les crieurs, à ciel ouvert,
Les chalands, interpellent.
Ils sont les polichinelles
De ce théâtre en plein air.
Les producteurs, plus sereins,
Viennent quelquefois de loin,
Pour offrir, sur le marché,
Des légumes tout juste ramassés.
Des cardons, des pois gourmands,
Des laitues dodues et croquantes,
Les premières cerises au printemps,
Celles rouge rubis, fondantes.
Autant de produits,
Autant de personnages,
Certaines figures devenues amis,
Certains marchands, sans âge.
Je me souviens d’un herboriste,
Venu, une vie durant,
Toujours à la même place,
Vendre sa verveine et son tilleul.
Je pense à un marchand de pêche,
A une vendeuse de pommes,
A un éleveur de l’Ardèche
Venu vendre ses tommes
Mes tomates, pas chères,
Dis, t’en as vu des com’ça,
Et les melons, extra,
Faut pas qu’ t’exagères,
Sinon, t’en auras pas.
,