Ottomar Scholem

Par : Ottomar
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Ottomar

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Ottomar Scholem


Dans un poème de Guillaume Apollinaire,
« Ottomar Scholem et Abraham Loeweren 
Coiffés de feutres verts le matin du Sabbat
Vont à la synagogue en longeant le Rhin 
Et les coteaux où les vignes rougissent là-bas ».

Des deux, c’est Ottomar Scholem que je préfère.
Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien,
C’est sans doute là, la magie d’Apollinaire,
Le pouvoir d’évocation d’un grand écrivain.

Le personnage depuis m’accompagne chaque jour.
Est-ce lui que je rencontre à chaque carrefour,
Montrant la direction à prendre, quand, hésitant,
Je ne sais quel chemin mènera plus avant.
C’est lui qui m’apprend à regarder le monde,
A voyager avec une âme vagabonde.

Voir ce que cache l’invisible des choses,
Interpréter comme personne ne l’ose
Les signes secrets du vent et des nuages,
Contempler un long moment une simple image,
Rêver, méditer, ressentir l’éternité,
Avoir le bonheur d’attendre un jour d’été.

Avec lui j’ai fait mes plus belles promenades,
Réjoui des découvertes, jamais maussade.
C’est un guide incomparable, un érudit,
Quelqu’un, pour qui, tout regard est poésie,
Qui de chaque village en connaît l‘histoire,
Ce qu’il faut entendre, aussi ce qu’il faut voir.

Mais il a, c’est bien connu, mauvais caractère,
C’est comme cela que le décrit Apollinaire.
Il ne décolère pas de toutes les injustices,
De la bêtise, des despotes et de leurs complices.
Là il est intraitable, et sans discussion,
C’est une affaire de principe et de conviction.

Il a beaucoup à dire sur toutes les misères
Sur le saccage entretenu de la terre.
Puis, reprenant son calme, il regarde l’horizon,
Pense que l’homme finira par avoir raison.
C’est peut être aussi pour cela que son humour
Masque, pour l’humanité, un profond amour.
Voilà pourquoi j’ai foi en ce personnage,
Des contes de fées maintenant je n’ai plus l‘âge,
Mais c’est lui qui m’a appris que la poésie
Pouvait transformer une part de notre vie.












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Ann Miserey

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D'où ton pseudo ?

Ottomar je me permets de poster le poème d'Apollinaire tiré d'Alcool : La synagogue

Ottomar Scholem et Abraham Loeweren
Coiffés de feutres verts le matin du sabbat
Vont à la synagogue en longeant le Rhin
Et les coteaux où les vignes rougissent là-bas

Ils se disputent et crient des choses qu'on ose à peine traduire
Bâtard conçu pendant les règles ou Que le diable entre dans ton père
Le vieux Rhin soulève sa face ruisselante et se détourne pour sourire
Ottomar Scholem et Abraham Loeweren sont en colère

Parce que pendant le sabbat on ne doit pas fumer
Tandis que les chrétiens passent avec des cigares allumés
Et parce qu'Ottomar et Abraham aiment tous deux
Lia aux yeux de brebis et dont le ventre avance un peu

Pourtant tout à l'heure dans la synagogue l'un après l'autre
Ils baiseront la thora en soulevant leur beau chapeau
Parmi les feuillards de la fête des cabanes
Ottomar en chantant sourira à Abraham

Ils déchanteront sans mesure et les voix graves des hommes
Feront gémir un Léviathan au fond du Rhin comme une voix d'automne
Et dans la synagogue pleine de chapeaux on agitera les loulabim
Hanoten ne Kamoth bagoim tholahoth baleoumim

mais le dernier vers pour moi c'est de l'hébreu ben d'ailleurs je crois bien que c'est de l'hébreu et encore je ne suis pas certaine qu'Apolinaire ne se soit pas planté dans la transcription !

je sais juste que les loulabim c'est un peu comme chez les chrétiens des rameaux !

Mais Ottomar tu vas nous éclairer 😎
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Ottomar

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Cette dernière phrase du poème est sans doute une citation qu'Apollinaire a reproduite de mémoire lorsqu'il est allé sur la rive droite du Rhin ( Apollinaire dans la Pléiade, notes p 1062).
En fait de nombreux chercheurs se sont cassé les dents sur cette traduction.
komoth: comme la mort
bagoim: parmi les nations
tholahoth: épreuves
baleoumin: parmi les peuples.

Nous aurions une citation proche du psaume 149, "pour finir la vengeance des nations, les représailles de la patrie".
Mais ça reste du "Apollinaire" car la citation telle quelle n'a pas de sens !!!
Donc, pour répondre à ta question,
c'est de l'hébreu d'Apollinaire, tu as vu juste.