Certains avancent que l'embryon ne changeant pas sa nature humaine, au cours de son développement, on ne peut objectivement pas dire que le tuer à un stade quelconque de son évolution n’est pas un meurtre.
Et ce n’est pas « illogique ».
Mais avant d’être embryon il fut spermatozoïde et ovule, et je ne vois aucune raison pour considérer qu’il n’y a pas continuité entre ces différents états. C’est en tout cas ce que l’Eglise dit puisque elle condamne la masturbation.
Là encore ce n’est pas « illogique ».
Mais avant d’être spermatozoïde (la femme étant encore pour moi un plus grand mystère que l’homme, je ne vais considérer ici que le côté masculin) il fut spermatogonie qui elle-même vient de cellules souches, je ne suis pas biologiste et sans doute tout ceci est à vérifier, mais ce que je sais sûrement c’est que même ces cellules souches viennent de quelque part et qu’ainsi nos origines se confondent avec l’univers tout entier.
Ce que je sais c’est que le foin brouté par les vaches dans les près a des origines à peu près similaires si on veut bien considérer qu’il y a eu une origine matérielle similaire (le big bang ou je ne sais quoi…) Ce qui n’est pas plus « illogique » …
A moins qu’on ne croit en une création d’origine divine ce qui évacue toute recherche de logique, là croyance n’ayant besoin d’aucune explication logique pour se justifier et ceux qui en cherchent ne sont peut-être pas tout fait croyants…
Mais si on recherche une logique, dans la continuité de notre évolution, dans ce tout ; comment établir des hiérarchies ? Comment décider là est l’homme ? Là est l’animal ? Là est le végétal ? Là est le minéral ? Nos atomes étant communs.
Comment décider ou expliquer que dans la permanence de cette évolution il y a un moment particulier où l’Homme survient ?
N’y a-t-il pas autant de visions de cette cosmogénèse que d’êtres, de particules qui composent ce cosmos perpétuellement en création ?
Alors pour pouvoir continuer à vivre et ne pas sombrer dans l’abîme obscur de l’incertitude, pour pouvoir vivre ensemble dans un monde qu’il voudrait stable et rassurant l’Homme (l’être qui se pense comme tel) a plusieurs béquilles dont la croyance, la science et la loi.
Chacune a été, est et sera source de conflits malgré toutes les dénégations émises ici ou là. Il suffit de pour cela de regarder notre histoire.
Parce que nous ne sommes que des Hommes… qui ne sauront jamais tout à fait ce qu’ils sont vraiment.
Pour ma part je pense que la béquille de la loi (dans une démocratie) est la moins bancale quand il s’agit de vivre en société parce que elle est par nature plus consensuelle me semble t-il.
Mais la loi, comme la science ou la religion n’est qu’humaine et évolue avec les échanges entre Hommes. Les règles, la morale sont toujours affaire de limites et celles-ci sont toujours appréciées en fonction de chacun, de son parcours, de son histoire, de sa sensibilité, de sa culture, bref toutes choses qui font que nous sommes ce que nous sommes.
Pourrait-il en être autrement ?
On va arguer que je mélange beaucoup de choses. Sans doute. Mais on ne pourra arguer que je sois hors sujet puisque le sujet c'est moi qui le crée ici.
Je mélange volontairement la croyance, la religion, la science et la philosophie, car dans le domaine de l'humain l'un ne va pas sans les autres.
Et le tout est plein de contradiction, comme nous le sommes.
Une femme enceinte est libre de faire des choix, même si ces choix là ne sont jamais totalement libres, quels qu'ils soient. Et elle peut décider d'avorter, donc de tuer un embryon, un fœtus… La société donne un cadre légal et dans ce cadre là elle est libre d'exercer son droit.
C'est ce qu'il faut défendre, impérativement. Face tous les obscurantismes, de toutes natures.
Car ce sont eux qui, se présentant comme des espaces de libertés personnelle finissent toujours par devenir les jougs de nos vies.
Voilà j'ai écrit ici et ne participerai pas davantage là ni ailleurs à un débat sur le sujet si il se dessine.
Je pense qu'internet n'est pas le lieu pour ça, car pour bien comprendre l'autre il faut le voir, pouvoir le respirer, le toucher. Sans la chair il n'y a pas d'homme.
Ce message a été édité - le 01-12-2018 à 10:05 par Pierre