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Auteurs Messages

Salus
Membre
Messages : 4400


Posté à 18h36 le 17 Nov 19



Le post-symbolisme néo-classique :

(Sonnet)



A travers les halliers dans les berges fangeuses
J’aimais poser le pied nu des primes jeunesses
Je célébrais sans Dieu les seules grandes messes
Dont silencieusement se bénissent les yeuses

Nature autoritaire au cercle de ton mess
Je forçais l’élitisme avec panache, gueux,
Animiste, primaire, ivre, irrévérencieux !
Ainsi j’étais, semblable au monstre du Loch Ness,

Comme une antiquité survivante du songe
Et nageant sous l’orage à la noirceur des eaux
Je communiais en moi, que l’animal prolonge !

Nourri par la magie et les métempsycoses
Je m’incarnais encor dans les mousses des lauzes
Et parfois je hurlais au satellite oblong…


Arcane
Membre
Messages : 492


Posté à 09h59 le 20 Nov 19

Intime sonnet tu vagabondes,
Dans une Nature adorée,
Que ce soit sur Terre ou sur l'onde
Les mots d'un poéte lettré.

Symbolique, est fort bien nommé
En de fastueux mensonges
Néo classique,je l'admets
Bravo ! pour cet honorable songe


Salus
Membre
Messages : 4400


Posté à 14h16 le 20 Nov 19


Merci à Arcane, dont le nom devine l'occulte...
(encore un vers ?)


Néoclassique


L’incohérente tranquillité
De la mourante fabulation,
Le disparaître de la fiction ,
L’impréhensible, cette effraction
Perpétuelle du limité,

S’il en déplore l’heure fatale,
S’il en condamne, folle incurie,
L’imaginaire - l’âme surie –
Et vilipende son ânerie
- Qu’on pourrait croire parastatale,

L’impréhensible se défendra
Et fera croître l’irréel vrai !
Ainsi, comme Michael Faraday,
Comme la ponte, le temps du frai
- Et comme l’ombre sous l’œil de Râ,

Tant qu’un poète, Pégase, rêve
Que tu galopes dans les nuages,
L’extravagance passe les âges,
Nos nefs carènent leurs renflouages,
Et l’immortelle Muse est notre Eve !


Salus
Membre
Messages : 4400


Posté à 19h11 le 21 Nov 19



Petit précis d’impréhensible




J’ai vendu mon âme au poème,
Musique des rimes que j’aime ;
J’aurais écrire voulu plus
Intelligemment pour, Salus,
Mériter de langue latine
Ou mieux : grecque, et que je lutine
Avec Sappho la jeune mère,
Et les hexamètres d’Homère...

Mais Chronos emporte le temps ;
La Moire me ronge les sangs !
Incidemment va, qui me tue,
Cette sente où je m’évertue
A garder le cep et le cap,
Pour que boire à sa vigne - et hop !
Evoluer sur la vielle erre
Avec le tact d’un antiquaire.

…Suivre où se scande et danse un rythme,
Et plus tard, comme autant d’or, isthme,
Passage entre deux mers de glace,
Quelque encoche au dogme rapace !

Oindre l’idée aux fards plus vrais
Par la musique délivrés
Me semble en soi valoir l’idée
Par la philosophie aidée !

Ton cerveau, passé ce secteur,
Prince, qu’à lire soit vecteur
D’un savoir qu’approche la rime
Quand Mnémé s’amuse et la prime :

Le vers se veut inconscient
Comme de l’âne le braiment ;
Son hi-han sonne en nous, se doue
D’une particulière moue…


Oxalys
Modérateur
Messages : 2090


Posté à 21h53 le 21 Nov 19

Merci Sieur Salus pour ces trois exemples apportant, pour moi du moins, quelque lumière dans les "arcanes" méandreux de la poésie dite néo-classique.

Je note avec amusement -entre autres détails- la redistribution des genres masculin et féminin dans le sonnet. Une concession on ne peut souhaiter plus symbolique du post-symbolisme !
Coucou


Salus
Membre
Messages : 4400


Posté à 23h16 le 21 Nov 19


Mes hommages respectueux à Dame Oxalys pour l'acuité de sa lecture, qui m'est un plaisir.


Saintes
Membre
Messages : 1126


Posté à 07h08 le 22 Nov 19

Il est vraiment trop tôt pour que je tire mon miel de ces poèmes, les abeilles dormant encore. J'y reviendrai.


Salus
Membre
Messages : 4400


Posté à 18h14 le 22 Nov 19


C'est de l'api-culture ?


Obofix
Membre
Messages : 520


Posté à 18h26 le 22 Nov 19

La cage de Faraday a en effet quelque chose de magique et d'impréhensible.


Salus
Membre
Messages : 4400


Posté à 20h43 le 22 Nov 19

Exact, d'où il appert qu'il ne t'aura pas échappé (!) que, dans ce vers, l"e" muet, sonore, s'honore d'un décalage césuriel le protégeant, grâce à l'effet de cage, du champ d'énergie aléatoire produit par cette voyelle-pivot satellisée, tout au long du poème, autour de l'axe de l’hémistiche...





Ce message a été édité - le 22-11-2019 à 22:52 par Salus


Obofix
Membre
Messages : 520


Posté à 06h24 le 23 Nov 19

Bien joué.
Il appert aussi que ta réponse, sonore, s'honore d'un clin d'œil aux purs ongles très hauts. Ce qui va fort bien au thème de ce topic.

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