Page : 1

Vous devez être connecté ou demander l'accès au forum pour répondre à ce message.

Auteurs Messages

Laugierandre
Membre
Messages : 1866


Posté à 12h48 le 21 Jan 21


SOYONS FIERS D'ÉCRIRE

ARTICLE

Voilà un sujet sur lequel je vais exposer mes propres impressions, sachant que chacun d'entre nous conçoit les choses de la vie d'une manière différente, avec ses émotions et ses sensibilités personnelles, ce qui engendre une distinction dans la conception de présenter, de voir et d'exposer les choses. Bien entendu, je resterai dans le domaine de l'espace poétique, ce qui nous intéresse en priorité, tout en ayant conscience que, par extrapolation, ces considérations s'inscrivent dans le dessein de l'écriture sous toutes ses formes.

Nous devons d'abord, en abordant le propos, savoir que seule la pensée précède l’art d’écrire, et que l’art n’est pas un don. L’exigence : voilà le seul art qui nous rapproche de nos limites. On sait très bien qu'on ne peut faire l’unanimité dans le choix de ses mots comme dans le jeu des sonorités, sinon, on plairait à n’importe qui, ce qui serait également un signe d’insuffisance. Dans ce contexte, nous devons nous évertuer quand même à atteindre un degré de satisfaction le plus élevé possible. Comme on dit, savoir l’art de plaire ne vaut pas tant que savoir plaire sans art.

Savoir écrire et séduire n’est jamais une petite affaire, et un auteur est assez heureux quand il sait faire au moins l’un des deux. C’est ce que j’appelle, bien modestement, la "jouissance du cœur".

Pour entrer dans le vif du sujet et répondre dans le fond à l'objet de l'énoncé, qu'Est-ce vraiment que la "liberté d'écrire ? Dans le mot "LIBERTÉ" il y a la "liberté individuelle", la "liberté de la propriété", la "liberté de la pensée". Je pense que celui qui donne sa foi dans l'écriture conquiert systématiquement sa liberté de pensée. Les mots, eux-mêmes, sont l'expression de la liberté de les assembler pour leur donner la force de la conviction, car ils font naître les choses que nous évoquons si l'on sait leur donner suffisamment d'autonomie en leur rendant leur sens d'origine, étymologique.

Quand on dit "liberté d'écrire" on ne peut s'empêcher de penser à la "censure". ""La censure est mon ennemie littéraire ; elle est de droit improbe, malhonnête et déloyale", affirmait Victor HUGO, dans ses "Chants du Crépuscule".

Dieu merci, nous avons la chance, aujourd'hui, de vivre dans un pays libre, tandis que pas très loin de nous, subsistent encore des États en retard de plusieurs siècles et où la censure littéraire, politique et religieuse bâillonnent la connaissance et l'avancée culturelle. Une raison de plus pour comprendre à quel point la "liberté", chose fragile et menacée, doit être défendue.

Je pense que la liberté d'écrire ne doit connaître qu'une seule limite, c'est la liberté des autres. Cela porte un beau nom : l'éthique. Autrement dit, l'acte d'écriture dépend de ce qu'on est puisque nous sommes "libres" quand nos actes émanent de notre personnalité entière, quand ils l'expriment, quand ils ont avec elle cette indéfinissable ressemblance qu'on trouve entre "l'œuvre" commise et l'écrivain ou le poète. On pourra toujours, dans ce contexte, alléguer que nous cédons alors à "l'influence" toute-puissante de notre caractère. Mais notre caractère : c'est encore NOUS. Et être "influencé par SOI (comment ne le serait-on pas ?) c'est JUSTEMENT ÊTRE LIBRE.

C'est cela la "liberté d'écrire", c'est, en quelque sorte, la SPONTANÉITÉ DU VOULOIR. Qu'elle soit déterminée n'empêche pas qu'elle soit "déterminante". Être libre d'écrire c'est n'être soumis qu'à sa propre nécessité, et c'est en qui, je pense, la raison est libre et libératrice. Qui plus est, c'est cette liberté d'expression, quel que soit le sujet abordé, qui donne un sens à la vie. Parler, coucher sur le papier les émotions, les joies, les douleurs, les peines, ou encore dénoncer les problèmes liés à la société, console l'homme d'une certaine absurdité. Timidement, peut-être, le poète ou l'écrivain en appelle aux autres, et un appel n'est jamais dénué d'espérance. C'est pour les autres que nous écrivons ; comment pourrions-nous "travestir" cette liberté d'écrire nos émotions les plus profondes sans ce désir de partage et de convaincre ? Si, quelquefois nos œuvres sont assez engagées, c'est parce qu'en fins observateurs, nous ne pouvons rester indifférents au monde et aux hommes.

Sans doute ces quelques réflexions qui n'engagent que ma propre personne amèneront-elles quelques membres du forum à exprimer leur vision individuelle. Nos propres considérations ne pourront qu'être complémentaires et enrichissantes sur le sujet.

ANDRÉ


Arcane
Membre
Messages : 1088


Posté à 16h20 le 21 Jan 21

De la belle liberté d'écrire,
il n'y a que restrictions !
Puisqu'étant lu sans médire
N'est pas la vraie solution !

Je connais des écrivains modèles
Qui furent mis au banc de la Nation,
Déclarations furent de celles ..
Critiques, Ils devinrent trublions !

Ne vous faites pas le pieu conscient
De déclarations universelles,
L'Univers ! ce macrocosme divergeant
Change ...avec la couleur du Ciel !

Je connais certaines dictatures
Qui ont expédié en zones inconvenantes
Rien qu'à la simple lecture
De critiques peu signifiantes ...

La plume doit ramper, sous Vent couvert,
Caresser, se faire idéale en structure
Distribuer lits, boissons et couverts
Comme semblable tartines de confiture ...

Je me souviens d'un temps primaire ,
Des hominidés pratiquant l'humour
Grinçant, je dois le reconnaître
Ont payé de la vie leurs discours !

Fichtre des convenantes déclarations,
qui embobinent sans le vouloir,
Avec la LIBERTE sans présomption
De rédiger en chacun son bon vouloir!

Cher ANDRE, je vous mets à l'épreuve,
En insistant pour Être pardonnée
D'avoir pensé sans aucune preuve
Que vous possédiez la seule vérité !


clindoeil Coucou


Ottomar
Membre
Messages : 1086


Posté à 10h17 le 22 Jan 21

Sur le plaisir d’écrire et sur le pourquoi, je retrouve une partie d’un texte que j'ai mis sur le site le 17 août 2017 et avec lequel je reste en accord :

" Je me fabrique peut -être un leurre, une forme d’illusion mais l’écriture poétique, en vers ou en prose reste, pour moi, une quête. Un long chemin, une recherche constante. Une certaine perfection dans la retranscription du réel et du sentiment éprouvé à sa rencontre. Le but est de transmettre et de partager et sans se l’avouer tout à fait de laisser une trace auprès de quelques personnes. Un témoignage de vérité en quelque sorte.
Les mots sont les balises de nos espoirs.
Un souvenir, une pensée, un message adressé; espérant nous dépasser pour que tout cela ne devienne pas de simples bouts de papiers dans des bouteilles jetées à la mer, perdues à tout jamais.

A chaque écriture, le poète entreprend un pèlerinage."







Ce message a été édité - le 22-01-2021 à 11:03 par Ottomar


Laugierandre
Membre
Messages : 1866


Posté à 19h50 le 22 Jan 21


Bonsoir LUCIENNE et OTTOMAR,

Je vous sais gré à tous les deux de votre intérêt manifesté pour ces petites réflexions et pour votre amabilité d'avoir communiqué vos propres impressions.

Je ne crois pas posséder la seule vérité, Chère LUCIENNE. Nous ne pensons jamais tous de la même manière (fort heureusement, d'ailleurs), sinon la vie serait monotone. De ce fait, la vérité peut nous apparaître sous des angles différents, et nous n'en connaissons que la représentation que nous en faisons. S'enfermer dans une seule certitude ne nous permettrait certainement plus de participer aux échanges et aux débats d'idées. Cela signifie aussi, je pense, se mettre en commun pour essayer de rechercher la vérité. C’est la philosophie.

Oui, OTTOMAR, l'écriture, qu'elle soit versifiée ou en prose, est bien une "quête".

"Les mots sont les balises de nos espoirs". Cela est fort bien imagé et correspond à cette "attente" et à cette aspiration de restituer nos sentiments, nos souvenirs, nos messages le plus fidèlement possible en les extériorisant. L'écriture est le tremplin des idées, de la pensée et de la connaissance.

"A chaque écriture, le poète entreprend un pèlerinage." C'est, je pense, par cet engagement, ce supplément d'âme, et par ce désir de transmettre, que le poète fait preuve d'une solidarité qui ne connaît ni limites ni frontières.

Je vous souhaite à tous les deux de passer un bien agréable week-end.

Toute ma sympathie de plume.

ANDRÉ

Salut Salut Salut



Ce message a été édité - le 22-01-2021 à 19:52 par Laugierandre

Vous devez être connecté ou demander l'accès au forum pour répondre à ce message.

Page : 1

Discussion en direct :
Connectez vous pour participer.


Derniers posts :
  • Rickways dans RECUEIL COLLECT[...]
  • Violette dans Plantes[...]
  • Lau dans Ornithologie[...]
  • Jim dans La tour enjôle[...]
  • Salus dans Plantes[...]
  • Serona dans Jean Vasca, un [...]
  • Hazarian dans Au poète artis[...]
  • Laugierandre dans Perplexe[...]
  • Eric dans Jean Vasca, un [...]
  • Kerdrel dans La tour enjôle[...]