Superbe tour de force !

Par : Jim
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Jim

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Le traducteur, Jean Malaplate (1923 - 2019), a su restituer dans notre langue ces vers extraits du Faust de Goethe en alexandrins et octosyllabes rimés...
Pour une fois, je penserai du bien d'un énarque... qui traduisit aussi Shakespeare, Byron, Hesse, Jean Paul, Martial et Omar Khayam ! Le mot diversité avait un signification pour lui.


Méphistophélès

A suivre tes désirs d'ici-bas, je m'engage
Et je n'oublierais rien de ce que tu voudras ;
Quand nous nous reverrons près de l'autre rivage,
Alors viendra ton tour et tu m'obéiras !


Faust

Que m'importe, à moi, l'autre monde !
Renverse les piliers où celui-ci se fonde
Et l'autre, s'il le veut, déploiera ses couleurs.
Ma joie appartient à la terre.
Le soleil d'ici-bas éclaire mes malheurs.
Si je puis oublier ce séjour de douleurs,
Advienne que pourra, je ne m'en trouble guère,
Je ne veux rien savoir et ne m'informe pas
Si l'au-delà connaît des amours et des haines
Et si, dans ces sombres domaines,
Il existe un haut et un bas.
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Oxalys

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Longtemps avant Malaplate, Gérard de Nerval (1808-1855) s’y était déjà attelé avec succès (trois éditions en tout, la première en 1827)

http://www.gerard-de-nerval.net/faustdegoethe.html

et

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k106128v.texteImage

Un exemple chez nous, dans nos augustes archives : Der König von Thule - Le roi de Thulé
https://lespoetes.net/poeme.php?id=1954&cat=ph


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Laugierandre

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Bonsoir JIM,

J'applaudis sans réserve à ton initiative. Grâce à de fins traducteurs et interprètes de la langue française, tel Jean MALAPLATE, la poésie étrangère devient une perle rare à savourer, sans falsifier ni altérer le texte d'origine.

Je l'avais d'ailleurs mentionné, concernant cette fois des textes très anciens, doctement remis en forme dans notre langage actuel, en précisant que même s'il est préférable de lire les textes originaux, une traduction rigoureuse ne discréditait pas l’œuvre de référence, ni son auteur. C'est loin d'être une transgression.

Je me permets de citer un extrait de ma correspondance avec un membre du forum, écrivant (je cite) :

"Il convient, cependant, de saluer l'immense travail réalisé par les grammairiens et poètes linguistes qui ont su rendre accessible, et dans la langue d'aujourd'hui, les textes anciens qui, pour la plupart, se révèleraient impossibles à comprendre s'ils n'avaient pas été réécrits avec les mots modernes, en respectant la métrique."

Ceci vaut aussi pour ce merveilleux et consciencieux travail de Jean MALAPLATE, dont tu as eu la riche idée de nous offrir ces extraits très accomplis sur GOETHE.

MERCI, JIM.

MERCI également à toi, OXALYS, pour les liens Internet qui devraient intéresser et satisfaire les passionnés de notre Art, et les puristes.

ANDRÉ





Ce message a été édité - le 25-06-2021 à 19:22 par Laugierandre
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Mahea

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Oxalys

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Prise au jeu de dépistage quant à savoir qui a écrit quoi, et traduit quand et comment, je découvre des détails pour le moins surprenants, - moi qui suis loin d'être "puriste" en matière de poésie, mais entends aussi bien la langue de Goethe que celle de Nerval :


Zwei Seelen wohnen, ach! in meiner Brust,
Die eine will sich von der andern trennen;
Die eine hält, in derber Liebeslust,
Sich an die Welt, mit klammernden Organen;
Die andre hebt gewaltsam sich vom Dust,
Zu den Gefilden hoher Ahnen.

Goethe, Faust (1808) La tragédie- première partie, Faust à Wagner




Poème traduit par Gérard de Nerval et repris -sans alinéa- en préambule de sa nouvelle « Pandora » (1853)

Deux âmes hélas se partageaient mon sein / et chacune d'elles
veut se séparer de l'autre / l'une, ardente d'amour, / s'attache au
monde par le moyen des organes du corps ; / un mouvement
surnaturel entraîne l'autre loin des ténèbres, / vers les hautes
demeures de nos aïeux.