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Auteurs Messages

Jim
Membre
Messages : 1961


Posté à 11h53 le 19 Aug 21

In girum imus nocte ecce et consumimur igni. (*)
Nous tournons dans la nuit et sommes consumés par le feu.



Phalènes, dans la nuit, tournons autour du feu,
Sidérées de lumière, où son œil nous dévore.
La patiente ronde, où l'on s'attarde encore,
Ne vit jamais le papillon muté en leu.

C'est l'ombre de la nuit qui brille dans nos cieux,
Qui ne délivreront la plus timide aurore.
Nous ne conjuguerons du jour moindre oxymore ;
En nulle étoile ne scintillent nos aïeux.

L'éternité, pour nous, ne dure qu'un instant
Et l'infini se couvre en un souffle éphémère.
Sur notre écueil, l'océan crie et s'exaspère ;

Rien ne résiste à notre vol inconsistant.
Que ce soit de poussière ou d'atome, l'accord
Qui nous unit en haut de gamme est clé des corps.

(*) Palindrome faussement attribué à Virgile

© Les antiquités d'ici


Exercice :
Lien internet



Ce message a été édité - le 20-08-2021 à 12:33 par Jim


Hoho
Membre
Messages : 386


Posté à 22h23 le 19 Aug 21

Une sacrée claque ! J'ai beaucoup aimé ma lecture.

La première était boiteuse en raison d'une césure que tu fais flotter un peu (j'ai du mal à passer du rythme binaire au ternaire). Les autres – une fois tes coupes rendues conscientes – ont été agréables.

Seuls les vers 7 et 8 me chagrinent un petit peu. Le premier en raison d'un style que je trouve trop raffiné, j'entends l'image un peu "linguistique" avec "conjuguerons et oxymore" mais le tout en élidant l'article avec : "moindre" me paraît finalement un peu lourd autant sur le plan de la syntaxe que celui du sens. L'effet paraît un peu trop voyant à mes yeux.

Quant au second, c'est sur le plan rythmique que j'ai un petit reproche à faire, sa découpe me semble étrange : En nulle étoile ne // scintillent nos aïeux. Séparer l'adverbe de négation du verbe qu'il précise me coupe un peu dans mon élan parce qu'il ne s'agit pas d'une pose très "naturelle".


Je ne connaissais pas le palindrome latin, j'en admire la virtuosité. Décidément, et sans vouloir en faire en trop, tu m'as fait rêver avec ce topic, Jim.

Merci.


Jim
Membre
Messages : 1961


Posté à 01h03 le 20 Aug 21

Merci Hoho de ton compliment, j'aime ça, en toute fausse modestie !

Le vers 12 et les derniers de chaque strophe sont des trimètres, c'est selon cette structure que tu dois marquer le rythme à ta lecture - la négation n'est alors plus séparée de son verbe.

Pour ta première remarque, cela relève de la subjectivité. Par contre, j'ai tiqué sur le "leu" un peu précieux relativement à un choix de lexique assez contemporain. J'avais d'abord en tête l'image de loups en file indienne, que j'ai exprimée autrement en conservant juste cet ancien nom. C'est aussi assez subjectif. De plus, je mélange souvent les lexiques de diverses périodes, voire du parler vulgaire ou de l'argot, aucune règle ne l'interdisant et cela permettant bien des fantaisies, des bousculades d'habitudes.



Ce message a été édité - le 20-08-2021 à 01:26 par Jim


Hoho
Membre
Messages : 386


Posté à 11h18 le 20 Aug 21

Re Jim,

Je ne vois pas trop comment découper le vers 8 même en trimètre : "En nulle étoi//le ne scinti//llent no aïeux" ?

Pourrais-tu m'éclairer ?


Jim
Membre
Messages : 1961


Posté à 11h51 le 20 Aug 21

Exactement ce que tu viens de faire : les accents toniques !
Perso, je préfère la notation :
En nulle étoile ne scintillent nos aïeux, ou encore :
(En nulle étoi) (le ne scinti) (llent nos aïeux)

D'ailleurs, rien n'empêche de tordre un peu plus le cou à l'alexandrin classique en écrivant :
(Je dis) (qu'en nulle étoi) (le ne bri) (llent de dieux)
soit
2 / 4 // 3 / 3
Aucun déséquilibre rythmique.

Tu peux cliquer sur le lien exercice rajouté à mon topic.



Ce message a été édité - le 20-08-2021 à 12:41 par Jim


Hoho
Membre
Messages : 386


Posté à 23h31 le 22 Aug 21

La langue française étant globalement "atone", la signification a dû être privilégiée au fil du temps dans le vers.

Bref, merci pour ces précisions Jim !


Oxalys
Modérateur
Messages : 2622


Posté à 10h52 le 08 Sep 21

Que nous soyons papillon du jour
Ou phalène nocturne
Le temps à vivre est toujours trop court,
Le destin taciturne !


Je ne m’aventurerai pas à décortiquer plus avant le poème, c’est déjà fait…
Par contre, je l’illustre par un tableau de Dali qui colle « couleurs pour mots », à mon avis


Paysage aux papillons - Salvador Dali - 1956


Jim
Membre
Messages : 1961


Posté à 13h34 le 08 Sep 21

Bien vu Oxalys ! Des papillons hors cadre ! C'est pas parce qu'on vit pas longtemps qu'on doit vivre peu ! Ah non mais ho !


Tonindulot
Membre
Messages : 2719


Posté à 20h54 le 12 Sep 21

Le papillon vole grâce à ses ailes quand le manant vole de son propre zèle...

Ok c'est à côté de la plaque...

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