On a trouvé deux écrits différents du rondeau « Mort, j’appelle ta rigueur » de François Villon
Mort, j'appelle de ta rigueur,
Qui m'as ma maîtresse ravie,
Et n'es pas encore assouvie
Si tu ne me tiens en langueur :
Onc puis n'eus force ni vigueur ;
Mais que te nuisoit-elle en vie,
Mort, j’appelle de ta rigueur,
Qui m'as ma maîtresse ravie.
Deux étions et n'avions qu'un coeur ;
S'il est mort, force est que dévie,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme les images, par coeur,
Mort, j’appelle de ta rigueur.
et
Mort, j'appelle de ta rigueur,
Qui m'as ma maîtresse ravie,
Et n'es pas encore assouvie
Si tu ne me tiens en langueur :
Onc puis n'eus force ni vigueur ;
Mais que te nuisoit-elle en vie,
Mort.
Deux étions et n'avions qu'un coeur ;
S'il est mort, force est que dévie,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme les images, par coeur,
Mort.
Élaguée de son refrain, la seconde mouture est bien plus forte et inaugure la technique du rentrement. C’est icelle qu’a retenu la postérité.
L’idée des rentrements a été reprise par Clément Marot. Mais il a étoffé la forme de deux vers supplémentaires.Et c’est ainsi qu'est apparu le quinzain bien connu sous l'appellation de
rondeau nouveau.
On aime ou n'aime pas.
Ce message a été édité - le 03-08-2022 à 06:05 par Pierrelamy