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Auteurs Messages

Jim
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Posté à 00h48 le 03 Oct 22

(Gautier, Rimbaud, Musset)

Étude de mains

I

IMPERIA

Chez un sculpteur, moulée en plâtre,
J'ai vu l'autre jour une main
D'Aspasie ou de Cléopâtre,
Pur fragment d'un chef-d'œuvre humain ;

Sous le baiser neigeux saisie
Comme un lis par l'aube argenté,
Comme une blanche poésie
S'épanouissait sa beauté.

Dans l'éclat de sa pâleur mate
Elle étalait sur le velours
Son élégance délicate
Et ses doigts fins aux anneaux lourds.

Une cambrure florentine,
Avec un bel air de fierté,
Faisait, en ligne serpentine,
Onduler son pouce écarté.

A-t-elle joué dans les boucles
Des cheveux lustrés de don Juan,
Ou sur son caftan d'escarboucles
Peigné la barbe du sultan,

Et tenu, courtisane ou reine,
Entre ses doigts si bien sculptés,
Le sceptre de la souveraine
Ou le sceptre des voluptés ?

Elle a dû, nerveuse et mignonne,
Souvent s'appuyer sur le col
Et sur la croupe de lionne
De sa chimère prise au vol.

Impériales fantaisies,
Amour des somptuosités ;
Voluptueuses frénésies,
Rêves d'impossibilités,

Romans extravagants, poèmes
De haschisch et de vin du Rhin,
Courses folles dans les bohèmes
Sur le dos des coursiers sans frein ;

On voit tout cela dans les lignes
De cette paume, livre blanc
Où Vénus a tracé des signes
Que l'amour ne lit qu'en tremblant.

II

LACENAIRE

Pour contraste, la main coupée
De Lacenaire l'assassin,
Dans des baumes puissants trempée,
Posait auprès, sur un coussin.

Curiosité dépravée !
J'ai touché, malgré mes dégoûts,
Du supplice encor mal lavée,
Cette chair froide au duvet roux.

Momifiée et toute jaune
Comme la main d'un pharaon,
Elle allonge ses doigts de faune
Crispés par la tentation.

Un prurit d'or et de chair vive
Semble titiller de ses doigts
L'immobilité convulsive,
Et les tordre comme autrefois.

Tous les vices avec leurs griffes
Ont, dans les plis de cette peau,
Tracé d'affreux hiéroglyphes,
Lus couramment par le bourreau.

On y voit les œuvres mauvaises
Écrites en fauves sillons,
Et les brûlures des fournaises
Où bouillent les corruptions ;

Les débauches dans les Caprées
Des tripots et des lupanars,
De vin et de sang diaprées,
Comme l'ennui des vieux Césars !

En même temps molle et féroce,
Sa forme a pour l'observateur
Je ne sais quelle grâce atroce,
La grâce du gladiateur !

Criminelle aristocratie,
Par la varlope ou le marteau
Sa pulpe n'est pas endurcie,
Car son outil fut un couteau.

Saints calus du travail honnête,
On y cherche en vain votre sceau.
Vrai meurtrier et faux poète,
Il fut le Manfred du ruisseau !

(Émaux et camées, 1852)

à rapprocher, bien sûr, de la réponse présentée par celles de Jeanne Marie d'Arthur Rimbaud.

Les Mains de Jeanne-Marie

Jeanne-Marie a des mains fortes,
Mains sombres que l'été tanna,
Mains pâles comme des mains mortes.
— Sont-ce des mains de Juana ?

Ont-elles pris les crèmes brunes
Sur les mares des voluptés ?
Ont-elles trempé dans les lunes
Aux étangs de sérénités ?

Ont-elles bu des cieux barbares,
Calmes sur les genoux charmants ?
Ont-elles roulé des cigares
Ou trafiqué des diamants ?

Sur les pieds ardents des Madones
Ont-elles fané des fleurs d'or ?
C'est le sang noir des belladones
Qui dans leur paume éclate et dort.

Mains chasseresses des diptères
Dont bombinent les bleuisons
Aurorales, vers les nectaires ?
Mains décanteuses de poisons ?

Oh ! quel Rêve les a saisies
Dans les pandiculations ?
Un rêve inouï des Asies,
Des Khenghavars ou des Sions ?

— Ces mains n'ont pas vendu d'oranges,
Ni bruni sur les pieds des dieux :
Ces mains n'ont pas lavé les langes
Des lourds petits enfants sans yeux.

Ce ne sont pas mains de cousine
Ni d'ouvrières aux gros fronts
Que brûle, aux bois puant l'usine,
Un soleil ivre de goudrons.

Ce sont des ployeuses d'échines,
Des mains qui ne font jamais mal,
Plus fatales que des machines,
Plus fortes que tout un cheval !

Remuant comme des fournaises,
Et secouant tous ses frissons,
Leur chair chante des Marseillaises
Et jamais les Eleisons !

Ça serrerait vos cous, ô femmes
Mauvaises, ça broierait vos mains,
Femmes nobles, vos mains infâmes
Pleines de blancs et de carmins.

L'éclat de ces mains amoureuses
Tourne le crâne des brebis !
Dans leurs phalanges savoureuses
Le grand soleil met un rubis !

Une tache de populace
Les brunit comme un sein d'hier ;
Le dos de ces Mains est la place
Qu'en baisa tout Révolté fier !

Elles ont pâli, merveilleuses,
Au grand soleil d'amour chargé,
Sur le bronze des mitrailleuses
À travers Paris insurgé !

Ah ! quelquefois, ô Mains sacrées,
À vos poings, Mains où tremblent nos
Lèvres jamais désenivrées,
Crie une chaîne aux clairs anneaux !

Et c'est un soubresaut étrange
Dans nos êtres, quand, quelquefois,
On veut vous déhâler, Mains d'ange,
En vous faisant saigner les doigts !

À propos de Juana, allusion faite à Musset :

d'une part Don Paez, de l'autre à Juana :

DON PAEZ

I had been happy, if the general camp,
Pioneers and all, had tasted her sweet body
So I had nothing known.
Othello.

I

Je n’ai jamais aimé, pour ma part, ces bégueules
Qui ne sauraient aller au Prado toutes seules,
Qu’une duègne toujours de quartier en quartier
Talonne, comme fait sa mule un muletier ;
Qui s’usent, à prier, les genoux et la lèvre,
Se courbant sur le grès, plus pâles, dans leur fièvre,
Qu’un homme qui, pieds nus, marche sur un serpent,
Ou qu’un faux monnayeur au moment qu’on le pend !
Certes, ces femmes-là, pour mener cette vie,
Portent un cœur châtré de toute noble envie ;
Elles n’ont pas de sang et pas d’entrailles. — Mais
Sur ma tête et mes os, frère, je vous promets
Qu’elles valent encor quatre fois mieux que celles
Dont le temps se dépense en intrigues nouvelles.
Celles-là vont au bal, courent les rendez-vous,
Savent dans un manchon cacher un billet doux,
Serrer un ruban noir sur un beau flanc qui ploie,
Jeter d’un balcon d’or une échelle de soie,
Suivre l’imbroglio de ces amours mignons,
Poussés en une nuit comme des champignons ;
Si charmantes, d’ailleurs ! aimant en enragées
Les moustaches, les chiens, la valse et les dragées.
Mais, oh ! la triste chose et l’étrange malheur,
Lorsque dans leurs filets tombe un homme de cœur !
Frère, mieux lui vaudrait, comme ce statuaire
Qui pressait dans ses bras son amante de pierre,
Réchauffer de baisers un marbre ; mieux vaudrait
Une louve affamée en quelque âpre forêt.

Ce que je dis ici, je le prouve en exemple.
J’entre donc en matière, et, sans discours plus ample,
Écoutez une histoire :

Un mardi, cet été,
Vers deux heures de nuit, si vous aviez été
Place San Bernardo, contre la jalousie
D’une fenêtre en brique, à frange cramoisie,
Et que, le cerveau mû de quelque esprit follet,
Vous eussiez regardé par le trou du volet,
Vous auriez vu, d’abord, une chambre tigrée,
De candélabres d’or ardemment éclairée ;
Des marbres, des tapis montant jusqu’aux lambris ;
Çà et là, les flacons d’un souper en débris ;
Des vins, mille parfums ; à terre, une mandore
Qu’on venait de quitter, et frémissant encore,
De même que le sein d’une femme frémit
Après qu’elle a dansé. — Tout était endormi ;
La lune se levait ; sa lueur souple et molle,
Glissant aux trèfles gris de l’ogive espagnole,
Sur les pâles velours et le marbre changeant,
Mêlait aux flammes d’or ses longs rayons d’argent.
Si bien que, dans le coin le plus noir de la chambre,
Sur un lit incrusté de bois de rose et d’ambre,
En y regardant bien, frère, vous auriez pu,
Dans l’ombre transparente, entrevoir un pied nu.
— Certes, l’Espagne est grande, et les femmes d’Espagne
Sont belles ; mais il n’est château, ville, ou campagne,
Qui, contre ce pied-là, n’eût en vain essayé
(Comme dans Cendrillon) de mesurer un pied.
Il était si petit, qu’un enfant l’eût pu prendre
Dans sa main. — N’allez pas, frère, vous en surprendre ;
La dame dont ici j’ai dessein de parler
Était de ces beautés qu’on ne peut égaler :
Sourcils noirs, blanches mains, et, pour la petitesse
De ses pieds, elle était Andalouse et comtesse.

Cependant les rideaux, autour d’elle tremblant,
La laissaient voir pâmée aux bras de son galant :
Œil humide, bras morts, tout respirait en elle
Les langueurs de l’amour, et la rendait plus belle.
Sa tête avec ses seins roulait dans ses cheveux,
Pendant que sur son corps mille traces de feux,
Que sa joue empourprée, et ses lèvres arides
Qui se pressaient encor comme en des baisers vides,
Et son cœur gros d’amour, plus fatigué qu’éteint,
Tout d’une folle nuit vous eût rendu certain.
Près d’elle, son amant, d’un œil plein de caresse,
Cherchant l’œil de faucon de sa jeune maîtresse,
Se penchait sur sa bouche, ardent à l’apaiser,
Et pour chaque sanglot lui rendait un baiser.
Ainsi passait le temps. — Sur la place moins sombre,
Déjà le blanc matin faisant grisonner l’ombre,
L’horloge d’un couvent s’ébranla lentement ;
Sur quoi le jouvenceau courut en un moment,
D’abord à son habit, ensuite à son épée ;
Puis, voyant sa beauté de pleurs toute trempée :
« Allons, mon adorée, un baiser, et bonsoir !
— Déjà partir, méchant ! — Bah ! je viendrai vous voir
Demain, midi sonnant ; adieu, mon amoureuse !
— Don Paez ! don Paez ! Certe, elle est bien heureuse,
La galante pour qui vous me laissez sitôt !
— Mauvaise ! vous savez qu’on m’attend au château.
Ma galante, ce soir, mort-Dieu ! c’est ma guérite.
— Eh ! pourquoi donc alors l’aller trouver si vite ?
Par quel serment d’enfer êtes-vous donc lié ?
— Il le faut. Laisse-moi baiser ton petit pied !
— Mais regardez un peu, qu’un lit de bois de rose,
Des fleurs, une maîtresse, une alcôve bien close,
Tout cela ne vaut pas, pour un fin cavalier,
Une vieille guérite au coin d’un vieux pilier !
— La belle épaule blanche, ô ma petite fée !
Voyons, un beau baiser ! — Comme je suis coiffée !
Vous êtes un vilain. — La paix ! Adieu, mon cœur ;
La, la, ne faites pas ce petit air boudeur.
Demain c’est jour de fête ; un jour de promenade,
Veux-tu ? — Non, ma jument anglaise est trop malade.
— Adieu donc ; que le diable emporte ta jument !
— Don Paez ! mon amour, reste encore un moment.
— Ma charmante, allez-vous me faire une querelle ?
Ah ! je m’en vais si bien vous décoiffer, ma belle,
Qu’à vous peigner demain vous passerez un jour !
— Allez-vous-en, vilain ! — Adieu, mon seul amour ! »

Il jeta son manteau sur sa moustache blonde,
Et sortit ; l’air était doux, et la nuit profonde ;
Il détourna la rue à grands pas, et le bruit
De ses éperons d’or se perdit dans la nuit.

Oh ! dans cette saison de verdeur et de force,
Où la chaude jeunesse, arbre à la rude écorce,
Couvre tout de son ombre, horizon et chemin,
Heureux, heureux celui qui frappe de la main
Le col d’un étalon rétif, ou qui caresse
Les seins étincelants d’une folle maîtresse !

II

Don Paez, l’arme au bras, est sur les arsenaux :
Seul, en silence, il passe au revers des créneaux ;
On le voit comme un point ; il fume son cigare
En route, et d’heure en heure, au bruit de la fanfare,
Il mêle sa réponse au qui-vive effrayant
Que des lansquenets gris s’en vont partout criant.
Près de lui, çà et là, ses compagnons de guerre,
Les uns dans leurs manteaux s’endormant sur la terre,
D’autres jouant aux dés. — Propos, récits d’amours,
Et le vin (comme on pense), et les mauvais discours,
N’y manquent pas. — Pendant que l’un fait, après boire,
Sur quelque brave fille une méchante histoire,
L’autre chante à demi, sur la table accoudé.
Celui-ci, de travers examinant son dé,
À chaque coup douteux grince dans sa moustache.
Celui-là, relevant le coin de son panache,
Fait le beau parleur, jure ; un autre, retroussant
Sa barbe à moitié rouge, aiguisée en croissant,
Se verse d’un poignet chancelant, et se grise
À la santé du roi, comme un chantre d’église.
Pourtant un maigre suif, allumé dans un coin,
Chancelle sur la nappe à chaque coup de poing.
Voici donc qu’au milieu des rixes, des injures,
Des bravos, des éclats qu’allument les gageures,
L’un d’eux : « Messieurs, dit-il, vous êtes gens du roi,
Braves gens, cavaliers volontaires. — Bon. — Moi,
Je vous déclare ici trois fois gredin et traître
Celui qui ne va pas proclamer, reconnaître
Que les plus belles mains qu’en ce chien de pays
On puisse voir encor de Burgos à Cadix,
Sont celles de doña Cazales, de Séville,
Laquelle est ma maîtresse, au dire de la ville ! »

Ces mots, à peine dits, causèrent un haro
Qui du prochain couvent ébranla le carreau.
Il n’en fut pas un seul, qui de bonne fortune
Ne se dît passé maître, et n’en vantât quelqu’une :
Celle-ci pour ses pieds, celle-là pour ses yeux ;
L’autre c’était la taille, et l’autre les cheveux.
Don Paez cependant, debout et sans parole,
Souriait ; car, le sein plein d’une ivresse folle,
Il ne pouvait fermer ses paupières sans voir
Sa maîtresse passer, blanche avec un œil noir !

« Messieurs, cria d’abord notre moustache rousse,
La petite Inésille est la peau la plus douce
Où j’aie encor frotté ma barbe jusqu’ici.
— Monsieur, dit un voisin rabaissant son sourcil,
Vous ne connaissez pas l’Arabelle ; elle est brune
Comme un jais. — Quant à moi, je n’en puis citer une,
Dit quelqu’un, j’en ai trois. — Frères, cria de loin
Un dragon jaune et bleu qui dormait dans du foin,
Vous m’avez éveillé ; je rêvais à ma belle.
— Vrai, mon petit ribaud ! dirent-ils, quelle est-elle ? »
Lui, bâillant à moitié : « Par Dieu ! c’est l’Orvado,
Dit-il, la Juana, place San Bernardo. »

Dieu fit que don Paez l’entendit, et, la fièvre
Le prenant aux cheveux, il se mordit la lèvre.
« Tu viens là de lâcher quatre mots imprudents,
Mon cavalier, dit-il, car tu mens par tes dents !
La comtesse Juana d’Orvado n’a qu’un maître ;
Tu peux le regarder, si tu veux le connaître.
— Vrai ? reprit le dragon ; lequel de nous ici
Se trompe ? Elle est à moi, cette comtesse, aussi.
— Toi ? s’écria Paez ; mousqueton d’écurie,
Prendras-tu ton épée, ou s’il faut qu’on t’en prie ?
Elle est à toi, dis-tu ? Don Étur, sais-tu bien
Que j’ai suivi quatre ans son ombre comme un chien ?
Ce que j’ai fait ainsi, penses-tu que le fasse
Ce peu de hardiesse empreinte sur ta face,
Lorsque j’en saigne encore, et qu’à cette douleur
J’ai pris ce que mon front a gardé de pâleur ?
— Non ; mais je sais qu’en tout, bouquets et sérénades,
Elle m’a bien coûté deux ou trois cents cruzades.
— Frère, ta langue est jeune et facile à mentir.
— Ma main est jeune aussi, frère, et rude à sentir.
— Que je la sente donc, et garde que ta bouche
Ne se rouvre une fois, sinon je te la bouche
Avec ce poignard, traître, afin d’y renfoncer
Les faussetés d’enfer qui voudraient y passer.
— Oui-da ! celui qui parle avec tant d’arrogance,
À défaut de son droit, prouve sa confiance ;
Et quand avons-nous vu la belle ? Justement
Cette nuit ?

— Ce matin.
— Ta lèvre sûrement
N’a pas de ses baisers sitôt perdu la trace…
— Je vais te les cracher, si tu veux, à la face !
— Et ceci, dit Étur, ne t’est pas inconnu ? »

Comme, à cette parole, il montrait son sein nu,
Don Paez sur son cœur vit une mèche noire
Que gardait sous du verre un médaillon d’ivoire ;
Mais, dès que son regard, plus terrible et plus prompt
Qu’une flèche, eut atteint le redoutable don,
Il recula soudain de douleur et de haine,
Comme un taureau qu’un fer a piqué dans l’arène.
« Jeune homme, cria-t-il, as-tu dans quelque lieu
Une mère, une femme ? ou crois-tu pas en Dieu ?
Jure par ton Dieu, par ta mère et ta femme,
Par tout ce que tu crains, par tout ce que ton âme
Peut avoir de candeur, de franchise et de foi,
Jure que ces cheveux sont à toi, rien qu’à toi !
Que tu ne les a pas volés à ma maîtresse,
Ni trouvés, — ni coupés par derrière à la messe !
— J’en jure, dit l’enfant, ma pipe et mon poignard !
— Bien ! reprit don Paez, le traînant à l’écart,
Viens ici ; je te crois quelque vigueur à l’âme.
En as-tu ce qu’il faut pour tuer une femme ?
— Frère, dit don Étur, j’en ai trois fois assez
Pour donner leurs paiements à tous serments faussés.
— Tu vois, prit don Paez, qu’il faut qu’un de nous meure ;
Jurons donc que celui qui sera dans une heure
Debout, et qui verra le soleil de demain,
Tuera la Juana d’Orvado, de sa main.
— Tope, dit le dragon, et qu’elle meure, comme
Il est vrai qu’elle va causer la mort d’un homme ! »

Et, sans vouloir pousser son discours plus avant,
Comme il disait ce mot, il mit la dague au vent.

Comme on voit dans l’été, sur les herbes fauchées,
Deux louves, remuant les feuilles desséchées,
S’arrêter face à face et se montrer la dent :
La rage les excite au combat ; cependant
Elles tournent en rond lentement, et s’attendent ;
Leurs mufles amaigris l’un vers l’autre se tendent.
Tels, et se renvoyant de plus sombres regards,
Les deux rivaux, penchés sur le bord des remparts,
S’observent ; — par instants, entre leur main rapide,
S’allume sous l’acier un éclair homicide.
Tandis qu’à la lueur des flambeaux incertains,
Tous viennent à voix basse agiter leurs destins,
Eux, muets, haletants vers une mort hâtive,
Pareils à des pêcheurs courbés sur une rive,
Se poussent à l’attaque, et, prompts à riposter,
Par l’injure et le fer tâchent de s’exciter.
Étur est plus ardent, mais don Paes plus ferme.
Ainsi que sous son aile un cormoran s’enferme,
Tel il s’est enfermé sous sa dague ; — le mur
Le soutient : à le voir, on dirait à coup sûr
Une pierre de plus dans les pierres gothiques
Qu’agitent les falots en spectres fantastiques.
Il attend. — Pour Étur, tantôt d’un pied hardi,
Comme un jeune jaguar, en criant il bondit ;
Tantôt, calme à loisir, il le touche et le raille,
Comme pour l’exciter à quitter la muraille.

Le manège fut long. — Pour plus d’un coup perdu,
Plus d’un bien adressé fut aussi bien rendu,
Et déjà leurs cuissards, où dégouttaient des larmes,
Laissaient voir clairement qu’ils saignaient sous leurs armes.
Don Paez le premier, parmi tous ces débats,
Voyant qu’à ce métier ils n’en finissaient pas :
« À toi ! dit-il, mon brave ! et que Dieu te pardonne ! »
Le coup fut mal porté, mais la botte était bonne ;
Car c’était une botte à lui rompre du coup,
S’il l’avait attrapé, la tête avec le cou.
Étur l’évita donc, non sans peine, et l’épée
Se brisa sur le sol, dans son effort trompée.
Alors, chacun saisit au corps son ennemi,
Comme après un voyage on embrasse un ami.
— Heur et malheur ! On vit ces deux hommes s’étreindre
Si fort, que l’un et l’autre ils faillirent s’éteindre,
Et qu’à peine leur cœur eut pour un battement
Ce qu’il fallait de place en cet embrassement.
— Effroyable baiser ! — où nul n’avait d’envie
Que de vivre assez long pour prendre une autre vie ;
Où chacun, en mourant, regardait l’autre, et si,
En le faisant râler, il râlait bien aussi ;
Où, pour trouver au cœur les routes les plus sûres,
Les mains avaient du fer, les bouches des morsures :
— Effroyable baiser ! — Le plus jeune en mourut.
Il blêmit tout à coup comme un mort, et l’on crut,
Quand on voulut après le tirer à la porte,
Qu’on ne pourrait jamais, tant l’étreinte était forte,
Des bras de l’homicide ôter le trépassé.
— C’est ainsi que mourut Étur de Guadassé.

Amour, fléau du monde, exécrable folie,
Toi qu’un lien si frêle à la volupté lie,
Quand par tant d’autres nœuds tu tiens à la douleur,
Si jamais, par les yeux d’une femme sans cœur,
Tu peux m’entrer au ventre et m’empoisonner l’âme,
Ainsi que d’une plaie on arrache une lame,
Plutôt que comme un lâche on me voie en souffrir,
Je t’en arracherai, quand j’en devrais mourir !

III

Connaîtriez-vous point, frère, dans une rue
Déserte, une maison sans porte, à moitié nue ;
Près des barrières, triste ; — on n’y voit jamais rien,
Sinon un pauvre enfant fouettant un maigre chien ;
Des lucarnes sans vitre, et par le vent cognées,
Qui pendent comme font des toiles d’araignées ;
Des pignons délabrés, où glisse par moment
Un lézard au soleil ; — d’ailleurs, nul mouvement.
Ainsi qu’on voit souvent, sur le bord des marnières,
S’accroupir vers le soir de vieilles filandières,
Qui, d’une main calleuse agitant leur cordon,
Faibles, sur leur genou laissent choir leur menton ;
De même l’on dirait que, par l’âge lassée,
Cette pauvre maison, honteuse et fracassée,
S’est accroupie un soir au bord de ce chemin.
C’est là que don Paez, le lendemain matin,
Se rendait. — Il monta les marches inégales,
Dont la mousse et le temps avaient rompu les dalles.
— Dans une chambre basse, après qu’il fut entré,
Il regarda d’abord d’un air mal assuré.
Point de lit au dedans. — Une fumée étrange
Seule dans ce taudis atteste qu’on y mange.
Ici, deux grands bahuts, des tabourets boiteux,
Cassant à tout propos quand on s’assoit sur eux ;
— Des pots ; — mille haillons : — et sur la cheminée,
Où chantent les grillons la nuit et la journée,
Quatre méchants portraits pendus, représentant
Des faces qui feraient fuir en enfer Satan.
« Femme, dit don Paez, es-tu là ? » Sur la porte
Pendait un vieux tapis de laine rousse, en sorte
Que le jour en tout point trouait le canevas ;
Pour l’écarter du mur Paez leva le bras.

« Entre ! » répond alors une voix éraillée.
Sur un mauvais grabat, de lambeaux habillée,
Une femme, pieds nus, découverte à moitié,
Gisait. — C’était horreur de la voir, — et pitié.
Peut-être qu’à vingt ans elle avait été belle ;
Mais un précoce automne avait passé sur elle ;
Et, noire comme elle est, on dirait, à son teint,
Que sur son front hâlé ses cheveux ont déteint.
À dire vrai, c’était une fille de joie.
Vous l’eussiez vue un temps en basquine de soie,
Et l’on se retournait quand, avec son grelot,
La Belisa passait sur sa mule au galop.
C’étaient des boléros, des fleurs, des mascarades.
La misère aujourd’hui l’a prise. — Les alcades,
Connaissant le taudis pour triste et mal hanté,
La laissent sous son toit mourir par charité.
Là, depuis quelques ans, elle traîne une vie
Que soutient à grand’peine une sale industrie ;
Elle passe à Madrid pour sorcière, et les gens
Du peuple vont la voir à l’insu des sergents.

Don Paez, cependant, hésitant à sa vue,
Elle lui tend les bras, et sur sa gorge nue,
Qui se levait encor pour un embrassement,
Elle veut l’attirer. —

Don Paez.

Quatre mots seulement,
Vieille. — Me connais-tu ? Prends cette bourse, et songe
Que je ne veux de toi ni conte ni mensonge.

Belisa.

De l’or, beau cavalier ? Je sais ce que tu veux :
Quelque fille de France, avec de beaux cheveux
Bien blonds ! — J’en connais une.

Don Paez.

Elle perdrait sa peine :
Je n’ai plus maintenant d’amour que pour ma haine.

Belisa.

Ta haine ? Ah ! je comprends. — C’est quelque trahison ;
Ta belle t’a fait faute, et tu veux du poison.

Don Paez.

Du poison, j’en voulais d’abord. — Mais la blessure
D’un poignard est, je crois, plus profonde est plus sûre.

Belisa.

Mon fils, ta main est faible encor ; — tu manqueras
Ton coup, et mon poison ne le manquera pas.
Regarde comme il est vermeil, il donne envie
D’y goûter ; on dirait que c’est de l’eau-de-vie.

Don Paez.

Non. — Je ne voudrais pas, vois-tu, la voir mourir
Empoisonnée ; — on a trop longtemps à souffrir.
Il faudrait rester là deux heures, et peut-être
L’achever. — Ton poison, c’est une arme de traître ;
C’est un chat qui mutile et qui tue à plaisir
Un misérable rat dont il a le loisir.
Et puis, cet attirail, cette mort si cruelle ;
Ces sanglots, ces hoquets… — Non, non ; elle est trop belle !
Elle mourra d’un coup.

Belisa.

Alors que me veux-tu ?

Don Paez.
Écoute. — A-t-on raison de croire à la vertu
Des philtres ? — Dis-moi vrai.

Belisa.

Vois-tu sur cette planche
Ce flacon de couleur brune, où trempe une branche ?
Approches-en ta lèvre, et tu sauras après
Si les discours qu’on tient sur les philtres sont vrais.

Don Paez.

Donne. — Je vais t’ouvrir ici toute mon âme ;
Après tout, vois-tu bien, je l’aime cette femme.
Un cep, depuis cinq ans planté dans un rocher,
Tient encore assez ferme à qui veut l’arracher.
C’est ainsi, Belisa, qu’au cœur de ma pensée
Tient et résiste encor cette amour insensée.
Quoi qu’il en soit, il faut que je frappe. — Et j’ai peur
De trembler devant elle. —

Belisa.

As-tu si peu de cœur ?

Don Paez.

Elle mourra, sorcière, en m’embrassant.

Belisa.

Écoute.

Es-tu bien sur de toi ? Sais tu ce qu’il en coûte
Pour boire ce breuvage ?

Don Paez.

En meurt-on ?

Belisa.

Tu seras
Tout d’abord comme pris de vin. — Tu sentiras
Tous tes esprits flottants, comme une langueur sourde
Jusqu’au fond de tes os, et la tête si lourde,
Que tu la croiras prête à choir à chaque pas. —
Tes yeux se lasseront, — et tu t’endormiras, —
Mais d’un sommeil de plomb, — sans mouvement, sans rêve.
C’est pendant ce moment que le charme s’achève.
Dès qu’il aura cessé, mon fils, quand tu serais
Plus cassé qu’un vieillard, ou que dans les forêts
Sont ces vieux sapins morts qu’en marchant le pied brise,
Et que par les fossés s’en va poussant la bise,
Tu sentiras ton cœur bondir de volupté,
Et les anges du ciel marcher à ton côté !

Don Paez.

Et souffre-t-on beaucoup pour en mourir ensuite ?

Belisa.

Oui, mon fils.

Don Paez.

Donne-moi ce flacon. — Meurt-on vite ?

Belisa.

Non. — Lentement.

Don Paez.

Adieu, ma mère !

Le flacon
Vide, il le reposa sur le bord du balcon. —
Puis, tout à coup, stupide, il tomba sur la dalle,
Comme un soldat blessé que renverse une balle.
« Viens, dit la Belisa l’attirant, viens dormir
Dans mes bras, et demain tu viendras y mourir. »

IV

Comme elle est belle au soir, aux rayons de la lune,
Peignant sur son cou blanc sa chevelure brune !
Sous la tresse d’ébène, on dirait, à la voir,
Une jeune guerrière avec un casque noir !
Son voile déroulé plie et s’affaisse à terre.
Comme elle est belle et noble, et comme, avec mystère,
L’attente du plaisir et le moment venu
Font sous son collier d’or frissonner son sein nu !
Elle écoute. — Déjà, dressant mille fantômes,
La nuit comme un serpent se roule autour des dômes ;
Madrid, de ses mulets écoutant les grelots,
Sur son fleuve endormi promène ses falots.
— On croirait que, féconde en rumeurs étouffées,
La ville s’est changée en un palais de fées,
Et que tous ces granits dentelant les clochers
Sont aux cimes des toits des follets accrochés.
La señora pourtant, contre sa jalousie,
Collant son front rêveur à sa vitre noircie,
Tressaille chaque fois que l’écho d’un pilier
Répète derrière elle un pas dans l’escalier.
— Oh ! comme à cet instant bondit un cœur de femme !
Quand l’unique pensée où s’abîme son âme
Fuit et grandit sans cesse, et devant son désir
Recule comme une onde, impossible à saisir !
Alors, le souvenir excitant l’espérance,
L’attente d’être heureux devient une souffrance ;
Et l’œil ne sonde plus qu’un gouffre éblouissant,
Pareil à ceux qu’en songe Alighieri descend.
Silence ! — Voyez-vous, le long de cette rampe,
Jusqu’au faîte en grimpant tournoyer une lampe ?
On s’arrête ; — on l’éteint. — Un pas précipité
Retentit sur la dalle, et vient de ce côté.
— Ouvre la porte, Inès : eh ! vois-tu pas, de grâce,
Au bas de la poterne un manteau gris qui passe ?
Vois-tu sous le portail marcher un homme armé ?
C’est lui, c’est don Paez ! — Salut, mon bien-aimé !

Don Paez.

Salut ; — que le Seigneur vous tienne sous son aide !

Juana.

Êtes-vous donc si las, Paez, ou suis-je laide,
Que vous ne venez pas m’embrasser aujourd’hui ?

Don Paez.

J’ai bu de l’eau-de-vie à dîner, je ne puis.

Juana.

Qu’avez-vous, mon amour ? pourquoi fermer la porte
Au verrou ? Don Paez a-t-il peur que je sorte ?

Don Paez.

C’est plus aisé d’entrer que de sortir d’ici.

Juana.

Vous êtes pâle, ô ciel ! Pourquoi sourire ainsi ?

Don Paez.

Tout à l’heure, en venant, je songeais qu’une femme
Qui trahit son amour, Juana, doit avoir l’âme
Faite de ce métal faux dont sont fabriqués
La mauvaise monnaie et les écus marqués.

Juana.

Vous avez fait un rêve aujourd’hui, je suppose ?

Don Paez.

Un rêve singulier. — Donc, pour suivre la chose,
Cette femme-là doit, disais-je, assurément
Quelquefois se méprendre et se tromper d’amant.

Juana.

M’oubliez-vous, Paez, et l’endroit où nous sommes ?

Don Paez.

C’est un péché mortel, Juana, d’aimer deux hommes.

Juana.

Hélas ! rappelez-vous que vous parlez à moi.

Don Paez.

Oui, je me le rappelle ; oui, par la sainte foi,
Comtesse !

Juana.

Dieu ! vrai Dieu ! quelle folie étrange
Vous a frappé l’esprit ; mon bien-aimé, mon ange ?
C’est moi, c’est ta Juana. — Tu ne le connais pas,
Ce nom qu’hier encor tu disais dans mes bras ?
Et nos serments, Paez, nos amours infinies !
Nos nuits, nos belles nuits ! nos belles insomnies !
Et nos larmes, nos cris dans nos fureurs perdus !
Ah ! mille fois malheur ! il ne s’en souvient plus !

Et, comme elle parlait ainsi, sa main ardente
Du jeune homme au hasard saisit la main pendante.
Vous l’eussiez vu soudain pâlir et reculer,
Comme un enfant transi qui vient de se brûler.
« Juana, murmura-t-il, tu l’as voulu ! » Sa bouche
N’en put dire plus long ; car déjà sur la couche
Ils se tordaient tous deux, et sous les baisers nus
Se brisaient les sanglots du fond du cœur venus.
Oh ! comme, ensevelis dans leur amour profonde,
Ils oubliaient le jour, et la vie, et le monde !
C’est ainsi qu’un nocher, sur les flots écumeux,
Prend l’oubli de la terre à regarder les cieux !

Mais, silence ! écoutez. — Sur leur sein qui se froisse,
Pourquoi ce sombre éclair, avec ces cris d’angoisse ?
Tout se tait. — Qui les trouble, ou qui les a surpris ?
— Pourquoi donc cet éclair, et pourquoi donc ces cris ?
— Qui le saura jamais ? — Sous une nue obscure,
La lune a dérobé sa clarté faible et pure. —
Nul flambeau, nul témoin que la profonde nuit,
Qui ne raconte pas les secrets qu’on lui dit.
— Qui le saura ? — Pour moi, j’estime qu’une tombe
Est un asile sûr où l’espérance tombe,
Où pour l’éternité l’on croise les deux bras,
Et dont les endormis ne se réveillent pas.

A Juana

O ciel ! je vous revois, madame,
De tous les amours de mon âme
Vous le plus tendre et le premier.
Vous souvient-il de notre histoire ?
Moi, j’en ai gardé la mémoire :
C’était, je crois, l’été dernier.

Ah ! marquise, quand on y pense,
Ce temps qu’en folie on dépense,
Comme il nous échappe et nous fuit !
Sais-tu bien, ma vieille maîtresse,
Qu’à l’hiver, sans qu’il y paraisse,
J’aurai vingt ans, et toi dix-huit ?

Eh bien ! m’amour, sans flatterie,
Si ma rose est un peu pâlie,
Elle a conservé sa beauté.
Enfant ! jamais tête espagnole
Ne fut si belle, ni si folle.
Te souviens-tu de cet été ?

De nos soirs, de notre querelle ?
Tu me donnas, je me rappelle,
Ton collier d’or pour m’apaiser,
Et pendant trois nuits, que je meure,
Je m’éveillai tous les quarts d’heure,
Pour le voir et pour le baiser.

Et ta duègne, ô duègne damnée !
Et la diabolique journée
Où tu pensas faire mourir,
O ma perle d’Andalousie,
Ton vieux mari de jalousie,
Et ton jeune amant de plaisir !

Ah ! prenez-y garde, marquise,
Cet amour-là, quoi qu’on en dise,
Se retrouvera quelque jour.
Quand un coeur vous a contenue,
Juana, la place est devenue
Trop vaste pour un autre amour.

Mais que dis-je ? ainsi va le monde.
Comment lutterais-je avec l’onde
Dont les flots ne reculent pas ?
Ferme tes yeux, tes bras, ton âme ;
Adieu, ma vie, adieu, madame,
Ainsi va le monde ici-bas.

Le temps emporte sur son aile
Et le printemps et l’hirondelle,
Et la vie et les jours perdus ;
Tout s’en va comme la fumée,
L’espérance et la renommée,
Et moi qui vous ai tant aimée,
Et toi qui ne t’en souviens plus !


Salus
Membre
Messages : 6078


Posté à 20h39 le 03 Oct 22


Absolus chefs-d'œuvre de Gautier et de Rimbaud, influence comprise du premier sur le second, quant à Musset, il est trop long, et, comme souvent, gaspille son génie.*

*affirmation qui me vaudra les foudres, pour les lettres d'insultes, voyez avec mon avocat.


Jim
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Messages : 2783


Posté à 20h59 le 03 Oct 22

Quel luxe que d'avoir du génie à gaspiller ! Mais certes, l'esprit de synthèse et lui, ça devait faire au moins une foule... Son "à Juana" est plus supportable. Mais quelle facilité d'écriture !
A l'avocat, je préfère l'ordalie et le sabre... en garde, manant ! (bon, en caoutchouc, ces outils, comme dans les panoplies de gamins, passke ke sang, ça tache et que maman va gronder)


Salus
Membre
Messages : 6078


Posté à 13h28 le 04 Oct 22


Ce que ton propos orde allie,
En croyances et faux duels,
Tu le boiras jusqu'à la lie
En hallalis perpétuels !

-Tu n'as plus qu'à te faire hara-kiri avec ton sabre en caoutchouc
(je veux pas voir ça)





Ce message a été édité - le 25-11-2022 à 16:06 par Salus

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