Ô noire souveraine, universelle faux,
Ravisseuse implacable aux dédains triomphaux
Dont rien ne sut jamais dévier la sentence,
Ni l'amour, ni la gloire, et dont tremble l'enfance,
Toi qui tords de douleur les cœurs les plus aimants,
Les roules à l'abîme, accablés de tourments,
Déchirés par le vide et le froid de l'absence,
Éperdus, sans lointains, en proie à la démence,
Ô Mort, oui, puisqu'il faut t'appeler par ton nom,
Toi dont l'ombre ternit le plus tendre horizon
Dès lors qu'à ses confins se pose un regard libre,
Toi dont l'horreur, souvent, fait perdre l'équilibre,
Pousse à tout déshonneur comme à la déraison,
A la fuite assassine, aux glaces d'un poison,
Au délire obsessif, aux perverses vengeances,
Et, devant la menace, aux pires allégeances,
Nul ne sait sous les cieux quelque réalité
Dont le versant d'azur, le visage d'été,
Doive être révélé parmi nous davantage,
Ô mère d'épouvante, invincible carnage !
Toi dont le seul écho du possible recours
Offre aux nuits de torture un apaisant secours,
Toi dont l’impénétrable et fascinant mystère
Autorise l’espoir même à l’âpre misère,
Toi sans qui chaque instant manquerait d’aiguillon,
Sans urgence, figé tel un roc de béton,
Sans amour et sans choix, pétri d’indifférence,
Et roulerait sans fin sa froide et folle errance,
Toi qui donnes à ceux qu’agonisent des maux
Sans remède, et cruels en leurs jeux infernaux,
Le sourire à ses pas, le souffle et l’espérance,
Libère leur envol vers des cieux de clémence,
Toi dont enfin la main, prêtée au désespoir
De qui voulait la paix d’un bienheureux vouloir,
Mais auprès d’un rival ignoble en fin de compte,
Peut être celle un jour qui l’éteint - ou le dompte !
Ce message a été édité - le 17-02-2023 à 12:02 par Hazarian