Avril ? Déjà ! Je n’ai pas vu le mois de mars,
Aucune giboulée, aucun frisson épars.
Un printemps sur le gril mais que mai nous annonce ?
Quelque tonnerre et la chaleur, vers nous, qui fonce ?
C’est fascinant, les temps et le temps sont des arts
Divinatoires et l’on parle des écarts
Entre le prévu que prédisait chaque nonce
En climatologie, or le réel l’enfonce.
Avril est transition, bien sûr que j’attends mai
Son lilas blanc et celui qui me rend si gai :
Le guilleret brin de muguet quand sa clochette
Me permet d’aller rendre visite à Colette
Qui, depuis trente ans que je lui conte fleurette,
N’a jamais voulu croire à mon amour si vrai.