avec Mallarmé sur une idée de Pierrelamy maître du bout-rimé

Par : Arielle
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Arielle

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La nuit est longue, hélas, quand on n’a plus de livres

Que le sommeil nous fuit et que des pensers ivres
Tournent à l’infini sur la page des cieux
Ancrés à la fenêtre où nous usons nos yeux.
D’une aube en berne suinte un soleil de détrempe
sur la mièvre clarté dégouttée par la lampe
quand la fatigue enfin, que plus rien ne défend,
nous accable au matin comme un petit enfant.
Levons l’ancre en plein jour, hissons dans la mâture
nos rêves trop urbains assoiffés de nature

Le sommeil est le seul vaisseau de nos espoirs
sur nos yeux, sans vergogne, étalons nos mouchoirs
renonçons aux travaux serviles, les orages
guettent ces galériens qui courent aux naufrages
Affalés sur nos lits, ces fabuleux îlots,
Aux doux bras de Morphée livrons-nous matelots !




[/i]Merci à Pierrelamy qui m'a soufflé l'idée de ce bout-rimé mallarméen[i]



[i]Ce message a été édité - le 10-04-2024 à 18:01 par Arielle
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Salus

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La chair est triste, hélas ! et j'ai bu tous les litres...



Ce message a été édité - le 11-04-2024 à 10:45 par Salus
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Pierre Lamy

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Arielle, Bravo pour ta version de "Brise marine". Tu me chambres gentiment, mais il est vrai que j'ai commis un max de bouts-rimés. Ce divertissement de salon, dénoncé par l'immense majorité de "vrais poètes" est un exercice bougrement pédagogique qui permet, en autres, de se mettre le rythme à l'oreille et de titiller l'imagination qui se cantonne si souvent dans les clichés.
Mallarmé lui-même y eut recours en produisant deux versions du sonnet en X


👋


Le ciel est sans soleil en ce glauque aujourd’hui.
Notre voisin d’en face, hier soir était ivre.
Au matin, son trottoir resplendissait de givre.
Vers des cieux plus cléments, sa gente dame a fui.

Le voisin du dessus nous soutient que c'est lui
qui de cette coloc sans espoir se délivre.
Il s’enivre à présent faute de savoir vivre
en ce stérile hiver où resplendit l'ennui.

Sa vie n’est désormais qu’une blanche agonie.
Il ne me semble pas que cet oiseau le nie.
Dans le cycle infernal de l’alcool il est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son ivresse l’assigne,
de ses anciens amis il subit le mépris.
Lui, ce trop bel ado qu’on surnommait le Cygne.




Ce message a été édité - le 11-04-2024 à 09:23 par Pierrelamy