Mouvement

Par : Salus
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Salus

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Mouvement
(Echelle 1)



L'aube exultait sous des langues de feu ;
Et vifs de brutaux contrastes,
Des vents entraient, hurlant, dans le jeu
Harmonique des astres.

L'inspiration errait sur l'étendue ;
L'éclosion des fleurs du jour,
Malgré la vorace nuit dentue,
Signait un autre tour.

Nous plongions vers l'étoile, outre horizon !
Strié d'une clarté pâle,
Pigmentée, ocrant la bleuison
Des cieux, encore ovale,

Un disque d'or prend ses marques célestes,
Se mue en cercle parfait
Puis, tout lauré de nuages lestes,
D'un air divin se vêt,

Monte à l'assaut du vertical zénith
Qu'il atteindra pour décroître
Jusqu'à l'abîme où guette Lilith
Espérant, bien plus qu'âtre

En sa nuit, la lumière à l'éther libre !
Sous ce si cosmique élan
Presque absent dans l'art d'aucun félibre,
Dieu (n'importe quel) en

Pâlit, et s'étiolant devant l’ampleur
Démesurée où tout tourne,
Se concentre en un parfum de fleur
Et disparaît, s'ajourne...
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Tontonjacques

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"Mouvement" est le titre d'un poème de Jules Supervielle que j'ai toujours trouvé fascinant :

Ce cheval qui tourna la tête
Vit ce que nul n'a jamais vu
Puis il continua de paître
A l'ombre des eucalyptus.

Ce n'était ni homme ni arbre
Ce n'était pas une jument
Ni même un souvenir de vent
Qui s'exerçait sur du feuillage.

C'était ce qu'un autre cheval,
Vingt mille siècles avant lui,
Ayant soudain tourné la tête
Aperçut à cette heure-ci.

Et ce que nul ne reverra,
Homme, cheval, poisson, insecte,
Jusqu'à ce que le sol ne soit
Que le reste d'une statue
Sans bras, sans jambes et sans tête.
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Pierre Lamy

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10/7/9/6
sur la durée, c'est loin d'être fastoche


La métrique sort des sentiers battus
Avec un air de vers libre
Iceux sont on ne peut plus goûtus
De vrais vers de félibre





Ce message a été édité - le 21-04-2025 à 12:27 par PierreLamy
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Salus

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Tonton : oui, c'est beau, Supervielle, même si je préfère sa prose.

Pierre (un octo clando s'est glissé dans ta quarte) :

Un rythme heurté d'ictus
(Pour mieux chanter le cumulostratus)
Dont le cerveau quand il le calibre
Perd un peu l'équilibre





Ce message a été édité - le 21-04-2025 à 12:18 par Salus
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Pierre Lamy

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En effet. J'ai rectifié.
Comment tu fais pour avoir ce rythme dans l'oreille ?
Respect
😊
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Salus

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Ah, bah, ça marche tout seul !
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Rickways

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Modérateur

Bonjour,

pourquoi ce poème a-t-il été publié dans la section "Vos poèmes classiques" ?
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Salus

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C'est une blague ?

Eric, le "classique", c'est le 17ème siècle ; Boileau et Malherbe y ont écrit des Arts poétiques qui norment la poésie "classique" ; dans ta section "classique", sauf exception, il y a vraiment très peu de textes qui peuvent répondre à l'appellation ! mais relis mon poème : la rime est parfaite, l'alternance est respectée ainsi que le rythme ; c'est l'hétérogénéité du mètre qui te défrise ? Va lire Monsieur de la Fontaine, absolu représentant du classicisme, qui usa et abusa de ce procédé !

Je te signale, par exemple (renseigne-toi), que Victor Hugo, c'est pas du "Classique" ; pas plus que Verlaine !
Alors il faut que tu nous expliques ce que tu veux ??

Et j'attire ton attention sur le fait que Voltaire, classique ou pas, n'est toujours pas corrigé malgré mon signalement.

Bonjour.









Ce message a été édité - le 22-04-2025 à 15:56 par Salus
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Jim

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D'accord avec Salus. "Classique" correspond à une période. Mais pas dans le sens courant qui n'y voit que la pratique de vers rimés à mètre constant. Le sens courant est faux, comme toujours, mais abusé. Ainsi, Verlaine et Rimbaud sont par ce sens courant vus comme classiques, autant que Chénier ou Voltaire. Mais qu'en est-il avant la période "classique", de l'an mille à la Renaissance, où de très grands poètes - même des femmes, c'est fou, ça ! - poétisaient en ignorant les postérieurs ? Charles d'Orléans, Villon, Christine de Pizan, Marcabru, Arnault Daniel, etc.: on les case où ?
Par ailleurs, les règles dites "classiques" sont celles émises par Marot, Pelletier du Mans, Ronsard, qui respiraient avant la période dite "Classique". Il importe donc de savoir de quoi l'on parle et pour ce, accorder peu sa confiance aux littéraires lesquels se caractérisent d'une part, par un nombreux jargon pour dire peu dans une manque de rigueur qui mériterait l'ouverture d'un nouveau prix Nobel; d'autre part, par l'oubli très souvent de la définition des termes, ce qui permettrait de disposer d'un glossaire commun, ce qui aide en diplomatie.
Il faut donc préciser : on entend ici par Classiques ceux qui poétisent en vers rimés de mètre constant.
On peut, comme le bon fromage, toutes fenêtres closes dans une chambre secrète, affiner.
Le reste est fantaisie et/ou libre.
😊 🤣



Ce message a été édité - le 22-04-2025 à 18:38 par Jim
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Salus

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Bon, je voudrais pas m'engatser, c'est contre-productif et je m'excuse pour mon mouvement d'humeur ; mais je suis content de l'intervention de notre érudit de garde ; et maintenant, Eric, il faut préciser ta demande : que peut-on mettre dans la rubrique "Poèmes classiques" ?
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Salus

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...Et si le cahier des charges ressemble à ce que dit Jim, c'est complétement arbitraire ; puis la rime, dans le vers régulier, ça n'est pas approximatif !
- Faisons un essai : envoyez, sur "poèmes classiques" vos œuvres de vers réguliers ; on verra combien sont conformes.