Volupté
Tu frémis sous la main tel un oiseau captif ;
Battant de longs cils noirs ton œil s'humidifie
Et ton souffle varie, erre, approximatif :
Dans le creux du secret le désir nidifie...
Bientôt tu feuleras, plus folle que le Sphinx,
Mais pour l'heure troublée où Pan - que ne le feins-je -
Flotte et règne à tes sens ocellés, d'once ou lynx,
Tu fredonnes, naïade, en des sons de syringe,
La liquide complainte où pointe ton émoi
Du sentiment diffus dont le but atermoie,
Fluctuant sa vacance en tes charmes, et moi,
Fébrilement futur, je m'effraie et me noie
Dans les suppositions fuyantes du loisir
Et, sous le flegme faux de mon masque de cire
Le sang me bat si fort que je crains d'en gésir
Comme si, sur la soif, tant d'espoir pût m'occire...
Mais je devine, souple, ample et faussement tu,
L'infernal mouvement de ta hanche éperdue
Qui discrètement tangue et réclame son dû,
Ce bonheur qu'à m'offrir ton plaisir s'évertue.
Ce message a été édité - le 02-06-2025 à 07:58 par Salus