« Tout est sans profondeur, froid et artificiel » se dit-elle, balayant l’espace d’un regard. Rien n’émanait le hasard ni le silence vrai qui montre le chemin sans jamais de frayeur. L’extérieur, ce jour-là, portait la même empreinte, sous un brouillard épais, tout comme déposé pour cacher la beauté de l’instant qui s’opère. Derrière, on devinait le temps qu’il faudrait au soleil pour dégager le ciel. C’était comme une esquisse, une ébauche, et d’un coup, le matin, où toute vie s’accroche, peindrait, vif et féroce la scène primordiale du nouveau jour qui vient. Fugitif est le temps où la conscience tend à se faire au moment. Le brouillard, dans l’histoire est juste un alibi. La vie est toujours là. Il suffit de creuser longtemps en profondeur dans le silence froid, d’un monde artificiel. Otant son tablier, délaissant la fenêtre, elle partit ailleurs en s’endormant peut-être à nouveau jusqu’au cœur de ses nombreux silences où jamais le brouillard ne pourra prendre place.