In finibus terræ
- Penn-ar-bed -
Le cycle de Bretagne
Au val sans retour
Merlin l'enchanteur
Repense - ô rancœur !
A la longue cour
Qu'il fit à Viviane,
Elève assidue
De la très pointue
Maîtresse Morgane.
Aux combes d'oubli
L'ancien barde songe
A cet inouï
Et curieux mensonge,
Promesse d'un jour,
Pernicieux serment
...Et cet air charmant,
Vraiment ! quel bon tour !
...Pour qui court la lande
Où la forêt belle
Des Bretagnes, telle,
Ici, Brocéliande...
La subtile oreille
Du sage sorcier
Ecoute - merveille -
L'eau, l’œil sans ciller.
Là-bas, vers la mer,
Le souvenir pleure
L'amour, qui demeure
Suspendu dans l'air.
Et dans les ténèbres
Que quelque dieu tend,
L'océan distant
Roule, flots funèbres,
Les sanglots du temps
Que le vent écharpe
Dans la folle harpe
De nageurs géants.
Un
Squelette échoué
Sur la grève, au loin,
L'os chante, avec soin,
De beaux sons doué !
...Vague à l'âme, un mage
Pleure - hémorragie
De tendresse, agie
Par l'amour et l'âge
Du vieux ménestrel
Plurimillénaire
Dont vit sans fin l’ère
D'or surnaturel...