Après avoir longtemps erré sur le rivage
Mon pas s’est arrêté tout au bout de la plage
Où l’océan fougueux termine son parcours.
Je me dis, tout soudain, qu’en ce beau voisinage
Ma sereine quiétude aurait peu de ramage ;
Mais en faisant semblant d’adapter mon discours
Je proclamai, tout haut, un refrain de long cours.
Les passants ameutés par ce pieux bavardage
Finirent par aimer ce culot sans contour.
A la fin de mon chant je leur lus cette page Où vont se lamenter tant de chétifs de cour.
Où vont se lamenter tant de chétifs de cour ?
Était cette question qu’on se posait toujours.
Pourquoi tant d’incompris au destin peu volage
Ont-ils fini tous seuls, ignorés sans recours ?
Or cet être charmant qu’on nommait troubadour
Combien de pénitents ont éduqué sa rage
Et fait comme l’oiseau se brossant le plumage ?
Poursuivant mon chemin je rejoignis le bourg.
Je voulais de cet homme ici rendre un hommage ;
C’est pourquoi ce fin mot est sorti de mon four Après avoir longtemps erré sur le rivage.
Les marins, ces hommes d'équipage malgré eux, lesquels pestent d'être menés par un bateau duquel ils ne tiennent les gouvernes, n'aiment pas ces oiseaux dont le vol leur rappel leur refus de l'envol.
Belle plume... d'oiseau blanc, com' d'hab.