Monsieur Blafard, regard hagard, erre là sous son toit ; une sombre atmosphère où le soleil ne rentre pas, seule une fleur semble pousser vers la lumière.
Monsieur Hagard est bien blafard, dans son deux pièces, un peu bizarre.
Il ne sort pas ou presque pas. Il est étrange, un vieux bonhomme qui pour la forme, met son haut-de-forme,
très, très usé par les années. Ainsi vêtu, à pas menus, va dans la rue.
Dans le parc , il s'assoit sur un banc et regarde les pigeons; il lance quelques miettes de pain rassies.
Puis il repart très lentement à pas trainant, le dos vouté par les années; s'arrête à la boulangerie, prend sa baguette, rentre chez lui.
Il arrose sa fleur, lit le journal et puis s'endort. Il rêve encore de Boucle d'or.
Le conte lu dans son enfance. Puis il voyage, dans ses rêves loin de son toit, loin de sa rue.
Un sourire alors éclaire son visage,. Soudain, il rajeunit, parait serein et se souvient du temps béni où amoureux , il dansait chaque dimanche, avec sa Blanche, sa fiancée, au bal près de l'étang où tournaient tous les amants.
Puis il se réveille tout doucement, étend ses jambes ankylosées et lentement trainant des pieds va s'allonger.
Le grand lit vide l'attend ; sous l'édredon en plume d'oie, il dormira là, bien au chaud, rêvant encore des jours heureux loin des regards, en amoureux, les joues en feu !