Je ne suis pas venue pour voler,
mais pour semer des mots
comme on plante des arbres :
racines dans la terre des sens,
cime ouverte au vent des autres.
Vous m’avez accusée d’être une voleuse,
parce que j’osais publier mes poèmes sur mon blog,
comme si l’encre de mes nuits
appartenait à votre tribunal
et que seuls vos amis en avaient le droit.
(Vous, vous avez confondu la plume et le larcin.)
Vous m’avez traitée de menteuse,
lorsque j’ai partagé une expérience vécue,
un fragment de ma vie offerte en confiance.
Vous n’aviez ni preuve ni droit,
juste la peur qu’une voix,
même un instant, éclipse la vôtre.
(Vous, vous avez préféré nier l’humain plutôt que de le reconnaître.)
Vous avez justifié l’innommable :
encensé ceux qui, sous couvert d’art,
célébraient la prédation,
puis condamné les enfants brisés
à se taire, à disparaître,
comme si leur douleur était un scandale,
et non vos silences.
(Vous, vous avez choisi le bourreau contre la victime. Jamais je n’oublierai.)
Puis vous avez rabaissé un peuple, une langue, un auteur,
sous prétexte de « traduire » un poème.
Vous avez ri de ceux qui l’aimaient,
les traitant d’ânes —
comme si la poésie était une arme,
et non un pont.
(Vous, vous avez confondu la traduction avec la trahison.)
Votre modérateur, complice par lâcheté,
a laissé vos meutes aboyer,
vos mots mordre, vos haines saliver.
À moi seule, on a imposé le silence :
« Ne fais pas de vagues »
— comme si les vagues n’étaient pas déjà
le tsunami de vos mensonges.
(Vous, vous avez confondu la paix avec la soumission.)
Vous m’avez crié que la science était une tour d’ivoire,
alors que je vous tendais des clés
pour en ouvrir les portes.
(Vous préférez les murs. Je choisis les horizons.)
Aujourd’hui, je quitte votre cloaque.
Non par défaite, mais par refus :
un poème ne saurait être complice.
Un poème est un cri,
une main qui se tend vers la lumière,
une porte que l’on claque
derrière soi.
Vous garderez vos lois pourries,
vos cercles empoisonnés,
vos faux-semblants.
Moi, je garde ma voix,
mes combats,
et cette évidence :
la poésie n’est pas un tombeau pour les âmes.
Elle est le feu qui les réveille.