Ceux qui se prennent pour le soleil
Ceux qui se croient soleil,
regardez leurs mains funestes :
elles connaissent le nombre des corps qu’on peut broyer,
des villes qu’on peut réduire en poudre,
des enfants qu’on ose nommer « dommages collatéraux ».
Ils ont des mots lavés, repassés, bénis,
des mots qui sentent la salle de réunion et la prière officielle,
mais derrière ces phrases flottent
des charniers silencieux, rangés comme de sombres dossiers.
ils parlent couvrant le fracas, les pleurs, la révolte,
ils parlent de paix avec des bouches pleines de cendres,
Ils disent : « au bout la liberté »
Et les foules regardent.
Et pendant ce temps les maisons deviennent poussière.
Ils appellent stabilité ce qui tient par la peur.
Ils appellent équilibre l’écrasement des autres.
Ils disent : nécessaire.
Ils disent : inévitable.
Et chaque mot, chaque mot bien coiffé, bien cravaté,
ouvre aux chars le chemin des ténèbres.
Ils ne voient pas des pays,
ils voient des ressources à piller.
Ils ne voient pas des peuples,
ils ne voient pas des vies ;
ils ne voient que des pions, des chiffres,
des hordes qui fuient dans un vent funèbre.
Autour d’eux, la terre perd son nom.
Le sol oublie ce qu’il portait.
Les murs ont fermés les yeux.
Ils ne négocient pas,
ils avancent comme une marée.
ils ne transigent pas, ils écrasent.
Et d’un ton de dieux mégalos :
« Je dirige. Je suis le plus fort. »
Ils promettent la grandeur… et sèment des ruines alignées.
Ils promettent la sécurité… et bâtissent des cimetières.
Et quand tout brûle assez bien, assez proprement,
quand ils ont pris l’or, et le reste,
ils déclarent : « objectifs atteints. »
Les rues sont désertes.
Les terres, comptabilisées.
et les vies, froidement enregistrées comme pertes acceptables…
spectres de la gloire et de la dévastation.
écris il y a longtemps, toujours d'actualité, à force, ils savent maos s'en foute