"La Poésie ne rhythmera plus l’action ; elle sera en avant." (Rimbaud)
Les poèmes cités pour illustrer le thème printanier des poètes 2026 ne sont pas d'enflure verbale, d'extatiques postures, de simulacres romantiques, de mascarades outrées, écrits dans un salon réservé, ils sont de luttes, de combats, de résistances et de mort pour que demain vivent quelques-autres.
Être pour la liberté, c'est s'opposer à ceux qui la craignent, chez d'autres qu'eux-mêmes. Ce n'est pas un jeu de société périodique entre gens bien élevés, à l'abri, soucieux de montrer belle figure consciente, empathique, responsable, entre le thé et le croissant, ce n'est pas l'opportunité annuelle commerciale comme d'un prix littéraire l'est.
La liberté n'est pas acquise – encore moins achetée -, montrée comme un Colosse à l'entrée d'un port, plaquée sur la face d'une monnaie.
Elle n'est, pas plus que la fortune, acquise ainsi qu'on croit certains droits l'être.
Elle est conquise, menacée, réduite et reconquise.
Un monstre appelle son contingent de sacrifiés, contre un répit jusqu'à prochaine fois. Le monstre a faim. Différer le service du monstre, gagner un délai, voici ce qu'en fait on nomme liberté. Il faut être un peu preux pour, malgré le péril, combattre et tuer le monstre, afin que l'odieux trafic de jeunesse cesse, qu'aucun ne soit plus vassal du monstre.
La liberté n'est pas un état, elle est une conquête permanente. Et l'on entend les cris avant le chant !
Il n'est d'autre force vive que celle déployée par ceux luttant pour restaurer ou accroître leur liberté, du moins un certain degré. Sursitaires et survivants peuvent ensuite chanter cela.
©JIM