Ce ru du blavet va dans le pré vert, s'y rue,
Emmène des farios sur son chariot d'eau,
Une couleuvre y bronze en finissant sa mue
Qu'aguichent quelques joncs et j'y lance un bateau
Fait d'un vélin vanné que coupa mon couteau
Où j'écrivais, fané, le vent de ta fleur nue ;
Ma bouteille à l'eau douce, un esquif, un radeau,
Un souvenir damné par l'ivresse non lue.
Puis le perdis de vue au détour arrondi
D'un lacet que son cours, telle une signature
Fouettait dans sa mâture, il était temps, pardi !
De rejoindre l'amont, sa source et sa nature
Où le coffre à jouets gonflé de falbalas
S'ancre d'une espérance au parfum de lilas.