Poussiéreuses années des greniers de la vie
où s’empilent des tas d’assiettes ébréchées
où jaunit le vélin des livres délaissés
Chaos des souvenirs
vestiges plaqués or
dépouilles des temps morts
serrées dans un herbier
L’escalier qui grinçait
et qu’on n’emprunte plus
depuis longtemps s’est tu
il ne fait plus rêver
Mais le jardin s’éveille aux parfums de la nuit
les doigts du chèvrefeuille en écartent l'ennui
un frisson de luciole
suffit à enchanter cet instant qui rissole
cet instant ébloui
Tu sais goûter les choses anciennes
Mais aussi, seul passant, l'instant vrai.
"Carpe diem" et du soleil le rai,
Ces bouquets dont toutes fleurs sont tiennes...
Ami Salus et ami Pierre
en descendant en mon jardin,
réjouissant la jardinière,
avez cueilli l'alexandrin
qui se cachait dessous le lierre
"Carpe diem", portez-vous bien !