Consécration
Avec ses jolis seins de lycéenne,
Et cette hanche souple, et le creux vif
Des reins, même cet air rétif,
Farouche, animal ou cheyenne,
Sa fierté, puis sa chaleur italienne !
– Et j’aimais tant que son plaisir survienne –
Malgré nos trous dans l'affectif
Et mon goût vert pour le fictif,
Vingt ans plus tard, j'étais toujours fou d'elle !
Un demi-siècle, avec beaucoup de tact,
Avait laissé son corps intact,
L'esprit d'un faucon crécerelle,
Avec cet air sibylle de Cybèle,
Et l'affection, que je savais si belle,
Et mon bonheur à son contact
Dont je mesure encor l'impact !
L'envers, l'ivraie, à ces vastes merveilles,
Vices coûteux, étaient livrés avec :
Un caractère dur - du teck -
Et ce surmoi, qui se surveille !
L'Ogre interdiction, pour boire à la treille,
D'enfin jouir d'un bonheur qui lui seye !
Mais dans ses beaux yeux de fennec,
J'y voyais le plus ultra nec !
Pardonne-moi mes façons malhabiles
Pour te parler, toi l'élue en mon cœur,
Toi bien plus pour moi qu'une sœur,
Sais-tu ? Quand tu te déshabilles,
Ou, minaudant, comme toutes les filles,
Un peu pour rire, un peu pour que tu brilles,
Lors m'abandonnent ma noirceur,
Le désespoir et la rancœur.