Nous allons au tableau comme on file au poème,
L’art invite au voyage et fait notre œil tout neuf ;
Rencontrer le poète ou le peintre en sa nef,
Regarder, écouter, savoir ce que l’on aime :
Il n'est plus bel instant que celui du hasard,
Je surfais ce matin vers quelque orientalisme
Quand le fortuit m'offrit pour pas même un dinard
Toutes les routes du songe et du réalisme.
C'est Alphonse-Etienne, 'Nasreddine', Dinet
Qui fit soleil en ce tout début de journée ;
Sa précision dans la grâce et le satinet
Habillait une peau, d'un ocre, mâtinée.
Cette
rêveuse avait toute la volupté
D'une Dame intouchable, au regard qui vous blesse
Tant s'éloignent de vous l'extase et la beauté
Mais dont l'espoir vous fait vivre, à jamais vous berce.
Son air nous mène aux portes de Bou Saâda,
Au désert d'un bonheur qui, par-delà la vie,
Cache un rubis, dans son cœur, et qui décida
De vous, faire un rêveur qui, jamais, ne s'ennuie.