Origine du "vers"

Par : Jim
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Jim

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Avant de causer du vers dans un poème, son type, sa nature, etc. commençons par le définir, en ne restant pas à ce que Gide, ironiquement, déclarait, à savoir qu' il est une suite de mots avec retour à la ligne .
En fait, nous l'allons voir (ça, c'est de la provoc...), André avait presque raison sous son esprit taquin.
Le mot vers vient du latin versus. Il faut se souvenir que les romains étaient d'abord des paysans, des pousseurs de charrue qui, dans la terre, traçaient leurs sillons. Et qu'une fois au bout de celui-ci, ils faisaient demi tour pour tracer le suivant en parallèle. Les romains, parmi lesquels Virgile, ont situé leurs poèmes dans le monde qu'ils éprouvaient, Virgile consacrant d'ailleurs les Géorgiques à l'art de cultiver la terre. La poésie bucolique était, non pas une coquetterie, celle exprimant le quotidien de l'existence, en totale synchronicité. Le poète bucolique, ancré dans la vie concrète, était le moderne d'alors.
Sachant que le versus traduit le sillon, tout s'éclaire, de même que le retour à la ligne n'est que le retour de la charrue traçant le sillon. Poussons la métaphore au bout : la plume serait le soc.
Il est bien connu que les laboureurs inventèrent the work's song... d'où le souffle, les pauses, la mesure, le rythme.
La prose ne trace aucun sillon.
Puis un jour naîtra le microsillon !...
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Arielle

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...et du microsillon naquit le mirliton ...
Blague à part j'aime beaucoup cette bucolique naissance du vers qui me fait penser aux origines du folksong et de la country, des musiques que j'aime particulièrement.
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Oxalys

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Puis un jour naîtra le microsillon....

... dont le lointain ancêtre s'appelait boustrophédon
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Jim

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Yep Oxalys ! et dans ce mot grec, on trouve le mot "strophe" qui signifie "retour en arrière". Preuve que porter attention aux mots permet de comprendre sa propre langue... Je suis pour les humanités ! (mais ça, on l'aura compris...)
Ne pas oublier, Arielle, - mais j'enfonce une porte ouverte - que l'origine de la musique dite savante est avant tout populaire, tombée entre les ouïes sensibles de qqs têtes bien faites, des troubadours puis du baroque au jazz.
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Salus

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Yep derechef ! mais dans "boustrophédon il y a aussi le mot bœuf ; l'écriture en boustrophédon se lit de gauche à droite puis de droite à gauche ainsi que l'on laboure. dans ce retour du langage aux origines des civilisations on peut aussi retourner le "A" majuscule, qui vous présentera une historique tête de vache.
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Gf

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Merci Jim pour ce cours d’histoire sur le vers.
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Mariadolores

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Le vers français Lvf-47f3ea5

A. Définition

* Le vers est un " Segment d'énoncé constituant une unité d'ordre rythmique et phonique fondée sur des règles retenant soit la quantité, l'accentuation ; soit le nombre des syllabes; et marqué par une légère pause à la lecture et, dans le texte, par une disposition unilinéaire.
* Ensemble de mots qui forment l'une des unités du poème en accord avec les règles de la versification.

B . Le vers français est syllabique

* Le rythme du vers français est déterminé par le nombre de ses syllabes. Il est en outre défini par la rime et dans certains cas par la césure .
* La syllabe ( unité phonétique fondamentale) est l'unité prosodique du vers français. C' est le son produit par une seule émission de voix. Ce son peut-être représenté soit par une voyelle seule, soit par plusieurs voyelles, soit par un groupe de voyelles et de consonnes.
* Nb : En français ,on ne doit pas parler du nombre de pieds mais de syllabes d'un vers.// Le pied , dans certaines langues, est une unité rythmique constituée par un groupement de syllabes d'une valeur déterminée (quantité, accentuation).
.
C . Syllabique, métrique , rythmique

* La versification française est syllabique, c'est-à-dire qu'elle est fondée sur le nombre des syllabes ; elle diffère donc de la versification métrique, qui repose sur la quantité des syllabes longues et brèves (vers grecs et latins), et de la versification rythmique, qui dépend de la place des syllabes accentuées ou atones (vers anglais ou allemands).

+ - Du XVIIè siècle jusqu'à la fin du XIXè, le nombre de syllabes du vers est le plus souvent un nombre pair : 2 – 4 – 6 – 8 – 1 0 -12
- Les vers impairs de 3 – 5 - 7 syllabes, et même d'une (1) syllabe, ont cependant été parfois utilisés à toutes les époques littéraires.
- Les vers impairs de 9 – 11 - 13 syllabes ont eu leur place dans la poésie à la fin du XIXè siècle

D- Appellations des vers selon le nombre de syllabes

Le vers français Noms_d10
Le vers français 8m8oo
https://www.poesie.exionnaire.com/types-de-vers-f3694.html
→Rendez- vous sur cette page pour ouvrir les liens

* Certains poètes, Aragon à titre d'exemple, ont écrit des vers de plus de 12 syllabes.


E – Comptons les syllabes
* Toute syllabe, muette ou sonore, entre dans la mesure du vers français, excepté l'«e» final devant un mot qui commence par une voyelle ou une «h» muette ; ou à la fin du vers.
1 . Tout enfant, tu dormais près de moi, rose et fraîche . ( V.Hugo )
* Tout - en –fant- tu - dor-mais // près- de –moi - ro- se_ et- fraîche = 12
* rose_ et = 2 , élision ... ro – (se_ et = zé )
* fraîche =1 , e muet en fin de vers ne compte pas .... ( fraîch )

2 . C'est le grand jour tremblant de midi . ( P. Verlaine )
* C'est- le –grand- jour / trem-blant –de- mi-di = 9

3 . Comme un beau cadre ajoute à la peinture ( C.Baudelaire )
* Com - me_ un – beau – ca- dre_ a – jou - te _à - la – pein –ture = 10
* 3 élisions : ( me_ un = mun ) , ( dre_ a = dra ) , ( te_ à = tà ); ( La voyelle qui suit un e muet prend sa place en diction .
* e muet en fin de vers ( peinture =2 syllabes : pein-ture ;et non 3 :pein –tu –re )

4 . Je renais pour aimer encore ! ( Lamartine )
* Je - re - nais – pour - ai – mer – en - core = 8

+ Le mot ( encore ) suivi d'une consonne ou h aspiré , à l'intérieur du vers , compte 3 syllabes ( en - co – re ).Si ce nombre ( 3 ) fausse le mètre choisi , il est permis d'écrire ( encor) qui donne seulement 2 syllabes ( en – cor ) .
+ Le mot ( encore ) à la fin du vers est une rime féminine. Pour le faire rimer avec une rime masculine, on l'écrit ( encor ).

F - Complément : Syllabe ou pied ?

* Littré à l'article « Pied » => Terme de versification française: Un pied, deux syllabes ; ainsi notre alexandrin qui a douze syllabes, est un vers de six pieds, et le vers de sept syllabes est un vers de trois pieds et demi.

* En parlant de vers Grecs ou Latins, on appelle : « Pied », un certain nombre de syllabes qui entrent dans la composition du vers, et qui en font la mesure. Les vers hexamètres sont de six pieds, chaque pied est un dactyle ou un spondée. Le spondée est un pied composé de deux syllabes longues, le dactyle un pied composé de trois syllabes, dont la première est longue et les deux autres sont brèves. Mettons (-) pour syllabe longue et (0) pour syllabe brève, on a :
- spondée = - -
- dactyle = - 0 0

* G . Sorgel , dans son " Traité de Poésie Classique " écrit :
- Ce mot ( pied ) vient du latin « iambus » qui , dans le vers métrique ancien, désignait le « pied » de vers composé d'une brève et d'une longue.

=> pour schématiser cette définition , on a : - 0 ou bien 0 -

* L. Quicherat - On nomme « pied » la réunion de deux syllabes ; ainsi le vers de douze syllabes a six pieds ; celui de dix syllabes a cinq pieds. // puis , en marge, on lit : on dit qu'un vers n'est pas sur ses pieds quand il n'a pas le nombre exigé de syllabes.

* G .weigand , dans son « Traité de Versification Française » écrit :
- Les accents toniques constituent des temps forts qui semblent porter les autres syllabes. Il se forme ainsi un penchement des syllabes faibles sur les syllabes fortes; et, par conséquent, divers groupes de syllabes, qui reçoivent le nom de « pieds ».Chaque pied doit contenir au moins un temps fort.

*Depuis toujours, Certains poètes ont fait du mot « pied » un synonyme du mot « syllabe », alors que le premier, valable pour le vers métrique, ne l'est pas pour le vers français qui est syllabique. En arabe, p.ex, où le vers est rythmique, on parle de « cordelette lourde » ( = 2 consonnes actives, c-à-d voyellées ou accentuées = UU ) et de « cordelette légère » (= 2 consonnes, la première active, la seconde inactive, c-à-d ne portant pas de voyelle d'accentuation U0 , ce qui équivaut, en français, à une consonne suivie d'un e caduc ).


* Le français, en tant que langue à accent fixe ( = L’accent tonique ou d’intensité est toujours porté par la même syllabe du mot : la dernière si elle est accentuée; si elle est muette, cet accent frappe la pénultième syllabe ) , bâtit ses vers sur le nombre des syllabes ; parler de" pied" en lui conférant le sens de "syllabe" et dire, p.ex, qu’un alexandrin compte 12 pieds, risque de prêter à confusion. Cela relève, tout simplement, d’un abus de langage.

Le vers français Mz210 De mon maître de poésie Mohammed Zeid dit Flormed .
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Salus

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Le maître alexandrin gisait six pieds sous terre
Et pendant qu'il comptait l'iambe sur ses doigts
Le poète croisait, dérivant sur son erre,
Frileux malgré le calme en des bords maladroits...