Les amis qui goûtaient jeux d'esprit et poèmes
Se sont donc envolés en délaissant les vers
Comme ces migrateurs qui craignent les hivers,
Et qu'ont lassés les lieux - couverts de neiges blêmes ! -
Où furent leurs amours, du temps qu'ils étaient verts...
Dans quelques pays chauds, où ils tirent leurs flemmes,
Les mots chanter, rimer, sont devenus blasphèmes.
Seuls kayak et pinard règlent leur univers...
Bien falots à côté leur semblent les poètes.
S'enivrer sur la vague aux écumantes crêtes
Procure aux uns, dit-on, un plaisir sans égal.
Pour une volupté, à nulle autre pareille,
Les autres, résignés à leur destin fatal,
Plongent aux profondeurs pourpres de la bouteille.