Boirai

Par : Inconnu
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] À Marie de France (1160-1210), première femme écrivain d’expression française et illustre inconnue.
Sous forme Lai, poème et chant du Moyen-âge.


Dans sa robe blanche
Elle se déhanche
J’irai

La voir ce dimanche
Ma belle voix franche
Prendrai

Mon orgue en son anche
Quand le chœur s’épanche
Dirait
Qu’il n’est verte branche
Qu’au creux de ma manche
C’est vrai

La voilà qui flanche
Lors je me retranche

Boirai
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Jim

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Illustre, oui; inconnue ? pas pour tout le monde... l'instruction publique étant obligatoire jusqu'à 16 ans... sachant qu'elle ne figure dans le Lagarde et Michard pourtant consacré au Moyen-Âge!
Plus tardive(XIVème S), qui connait la Lyonnaise Pernette du Guillet qui précède de 10 ans Louise Labé ? Ah ! La culture sélective !
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Bonjour Jim,
Oui, j'aurais dû écrire "inconnue de moi" qui ne suis pas un littéraire. J'ai essayé de me documenter, rapidement j'en conviens, et la seule chose que j'ai trouvée de pertinente est que son nom est associé à celui du Lai. Mais pour sa vie, sur le net pas grand-chose si ce n'est qu'on a pu la confondre avec Marie de Champagne.
Si vous aviez un lien pour parfaire ma documentation, je serais volontiers preneur.
Bonne journée,
Damy
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Jim

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Comme source, je dispose des "Lais de Marie de France", édition de Poche - Lettres gothiques (1990).
On ne sait quasiment rien sur cette Marie. Il existe trois Marie auteur de textes, soit signés de ce prénom, soit dont celui-ci apparait dans le texte, en tant qu'auteur ou traducteur de textes non romans (du Latin, de l'anglais, consignation par l'écrit des œuvres orales), soucieuse qu'elle semble avoir été de sauvegarder de l'oubli des textes jugés de qualité. Il semble que ces trois Marie n'en fassent qu'une, c'est une forte hypothèse. Elle semble avoir été très attachée à la cour d'Angleterre (Henri II), spécifiant par "de France" qu'elle est francienne et non anglaise. On n'est même pas sûr qu'elle soit l'auteur des Lais, peut-être uniquement une traduction.Elle participe, comme Chrétien de Troyes, à la mise en lettres des légendes bretonnes en puisant dans cette matière.

1/ Vers 3 du Lai de Guigemar:
"Écoutez donc, seigneurs, les récits de Marie,
qui tient sa place parmi les auteurs de son temps."

2/ dans sa traduction du Tractacus de Purgatorio sancti Patricii de Henri de Saltrey:
"Moi, Marie, j'ai sauvé de l'oubli
le livre de l'Espurgatoire,
en le traduisant en langue romane afin qu'il puisse être compris
des laïcs et mis à leur portée."

3/ dans son adaptation en français de la version anglaise de "son" Ysopet:
"A la fin de ce texte,
que j'ai composé en langue romane,
je me nommerai pour ne pas être mise à l'oubli:
j'ai nom Marie, je suis originaire de France."

Marie recueille des contes bretons chantés ("Laid" = chant) lesquels, une fois écrits, donnent les Lais. Par l'irruption du merveilleux dans ces récits, elle définit "l'aventure".

(d'après Laurence Harf-Lancner)

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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Merci infiniment pour votre amabilité Jim. Ce livre est-il en vieux français ?
Par curiosité que signifie "sn" dans sn Ysopet, seigneur ?
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Jim

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Faute de frappe, lire "son"
Ysopet = Esope
Le recueil est dans le français du XIIè et l'actuel, la trado assurée par Laurence HL.
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Un poème original et non moins plaisant!

cordialement, Damy,

ANTEROS.