l'à peu près

Par : Inconnu
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.
Avatar

Posts: 0

Membre



Du chemin,
l'à peu près
où s'égarent les fruits, la couleur,
une béance douce, pas à pas dérobée
à la couture du monde,
à ses feuillages écarquillés
comme le tremblement d'un tout premier jour...

si peu de choses en fait,
que sur ta peau
nulle empreinte d'un remous,

ni même sa rosée

Avatar

Aglae

Posts: 930

Membre

Joli texte! élégant et subtil...
J'aime tout et particulièrement le titre...ça fait penser au'presque rien' de quelqu'un d'autre?
On pense aussi au style épuré de Carla et c'est un vrai compliment pour moi!
Avatar

Aglae

Posts: 930

Membre

Joli texte! élégant et subtil...
J'aime tout et particulièrement le titre...ça fait penser au'presque rien' de quelqu'un d'autre?
On pense aussi au style épuré de Carla et c'est un vrai compliment pour moi!
Avatar

Posts: 0

Membre

Je n’ai pas retrouvé ce « presque rien » auquel tu as pensé, est-il sur le forum ?
😲

Merci à toi.
Avatar

Aglae

Posts: 930

Membre

VOilà camarade!
C'est très connu....du philosophe Jankélévitch:


Ce Je-ne-sais-quoi Presque-rien qui fait le devenir

« Nous craignons qu’à force de parler de l’amour et de la mort les métaphysiciens ne nous aient rien laissé à dire ? Autant craindre que le devenir, depuis si longtemps qu’il devient, ne finisse pas actualiser tous les possibles, autant craindre que toute potentialité en ce monde ne soit condamnée à la totale déperdition. Ces craintes absurdes sont d’ailleurs apparentées à l’espérance non moins absurde de n’avoir un jour plus rien à faire, autrement dit de convertir tout le devoir en chose faite par prélèvement progressif de la res facta sur le faciendum. Toute cette eschatologie inspire à l’homme tantôt la hâte de s’acquitter, tantôt la phobie de consommer et la panique de l’épuisement et du marasme final ; tantôt l’éthique de la besogne finie, tantôt la manie de l’épargne et de la thésaurisation. Après tout ce qui a été dit, depuis que le monde est monde, sur l’amour et sur la mort, comment l’intuition trouve-t-elle encore quelque chose à dire ? C’est que les mystères de l’homme sont aussi l’affaire personnelle de chacun, le sujet d’étonnement le plus ancien et le plus neuf et, en quelque sorte, l’éternelle jeunesse d’une expérience philosophique. Aussi le principe de conservation et son corollaire, la loi d’économie, n’ont-ils rien à voir avec un domaine où la générosité infinie, la plus folle prodigalité, la miraculeuse renaissance de chaque instant annoncent déjà l’ordre des choses surnaturelles. Le minuscule, l’immense presque-rien ne doit pas être traité comme le charbon ou le pétrole dont les réserves s’épuisent peu à peu sans que nulle providence les reconstitue au fur et à mesure, mais plutôt comme l’infatigable recommencement de chaque printemps, de chaque aurore, de chaque floraison ; aucune dégradation d’énergie n’est ici à craindre : le presque rien est aussi métaphysiquement inépuisable que le renouveau est inlassable, et celui qui l’entrevoit dans l’émerveillement d’un éclair l’accueille comme le premier homme accueillerait le premier printemps du monde : avec un cœur de vingt ans et une innocence de huit heures du matin. »



Avatar

Posts: 0

Membre

Et bien me voilà moins ignorant… je me sens très proche de son regard sur la vie, merci Aglae de me m’avoir permis de le découvrir. 😃
Avatar

Aglae

Posts: 930

Membre

Image BBCode
J'aime ta réaction!
En effet c'est pas mal quand un texte du forum nous touche assez pour nous renvoyer à un auteur...surtout un auteur de ce calibre!
Je te lirai encore, en toute sympathie!
Bonne soirée!