A la fenêtre d'un soir d'été
où fraîcheur et chaleur rivalisaient
Alors qu'à mon oreille
Le bourdonnement de quelques assoiffés de sang occupait le silence
J'embrassais du regard
Le cortège de la nuit qui s'avance
L'aura pourpre et rose du soleil
mourant lentement derrière l'horizon
La chevelure noire de la cime des arbres
se balançant doucement
La renaissance tremblotante des étoiles
riches d'une histoire
pour nous éternelle
Les tuiles des toits
coulant le long des murs
comme les montres d'un peintre espagnol
Le vol heurté et rapide
d'oiseaux nus aux mains ailées
au dessus d'un globe lumineux
brisé par un feuillage
Les yeux luisants d'un chat
tapi sous une haie
guettant l'insouciance d'une proie
Des aboiements dans le lointain
agressant sans doute une ombre
plus sombre encore
que l'ombre nocturne
Et ce calme
malgré tout
Cette paix
envahissante
enveloppant l'âme et le coeur
Jusqu'au matin jaillissant.