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Poème écrit par Besac

La Mère Gé

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Une langue verte s'allonge sur l'alpage,
lentement retenue par sa dentelle herbeuse ;
seule rescapée des neiges anciennes,
elle glisse et s'abreuve au filet glacé
d'un torrent surgissant des névés.

L'Alpenstock fait résonner la moraine,
les granits s'entrechoquent sous son passage ;
parti très tôt, l'homme avance encore
pour inventer ce sommet vierge
comme au temps de jadis.

Un cri strident retentit et l'arrête :
son regard se lève vers les cimes patientes,
la semelle cloutée cherche avec respect
une faille, une vire, dans le silence minéral
et que la montagne consent enfin à livrer.

Le costume de fortune épouse le relief
avec des gestes prudents, une allure d'esquisse ;
la main quitte un instant le bâton ferré,
puis quelques mots rejoignent le calepin
avant de se perdre dans le vent.

Alors il demeure contre la pierre froide
dans cette matrice où toute échelle s'abolit,
sans conquête, sans autre victoire
que celle d'avoir été présent
à l'immense respiration du monde.

Tous droits réservés © Poème posté le 09/07/2026 par Besac

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