Et abracadabra, que soit du bric à brac,
Un temple à souvenirs, essentiel et ténu,
Baroque, c’est un fourre-tout, un mausolée foutraque,
Une toile de tente Tému, une carte et un menu.
Je fouille, en chiffonnier, dans le bric et le broc,
Des mules dépareillées et des cravates à pois,
Des mouchoirs échoués, des baleines de pébroc,
Qu’émaille la camelote de la rue Quincampoix.
C’est une tare rebutante, un vice, qu’amonceler,
Receler les rebuts, les filandreux déchets,
Croire, omniscient tarot, ce fouillis dessellé,
Que pousse, dans l’immondice, Petite Fleur de Bechet.
Sont ces tickets de caisse les indices décelés,
D’un besoin compulsif de surconsommation ?
Ah Sherlock, vous baillez ? Triste compensation,
Victor Lanoux s’empresse, d’en vos traces, s’installer.
Poufs et chaises éclopées pouffent au capharnaüm,
Aux monceaux inutiles de babioles empilées,
De guingois, de traviole, flasques et accumulées :
Débouchés, les flacons exhalent le laudanum.
La raison dans l’état critique que guignait Kant,
-Chacun les siennes dit-on, aux mères des canetons,
Qui farfouillent et cancanent dans l’arcane des brocantes,-
J’entonne la litanie des cantiques et dictons.
Ceux fourgués à l’encan, refourgués chez ma tante,
Légués aux encombrants ou relégués au clou,
Ferraillent dans ma caboche, tournent ainsi qu’un biclou,
Une chambrée de crécelles éraillées par l’attente.
Comme bégaye ses lapsus un Lacan enrayé,
Qu’on se détourne, ému, d’une œillade soutenue,
Ces albums feuilletés sont, dis-je au doigt mouillé,
Des casses désaffectées de je t’aime retenus.
Poème écrit par
Deshaiessaintes
Vide-greniers
Tous droits réservés © Poème posté le 13/07/2026 par Deshaiessaintes
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