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Poème écrit par Anne28

ABUS DE POUVOIR ABUS DE SILENCE

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“Abus de pouvoir, abus de silence”
Elle a refermé la porte,
pas pour fuir,
juste pour pas passer pour une idiote.
Elle a jeté les jouets,
les rêves,
les couleurs,
dans la grande poubelle de l’école,
comme si on lui avait dit que sa passion
c’était un tas de déchets à trier
et que l'année prochaine
il y aura un remplaçant...

Assise sur le p’tit banc de l'amitié soit disant...
la tête dans les mains,
presque 60 balais,
déjà qu'on est pas trop bien vus les "vieux"
avec leurs regards glaçant, droits comme des lames
et pourtant

on lui a fait croire que c’était trop,
que c’était nul, qu'elle avait pas la bonne posture
qu'elle foutait rien , inactive
figée et connectée à téléphone portable

Qu’est‑ce qu’elle va faire
de ses dessins “à la con”,
de ses pinceaux,
de ses pots de colle,
de tout ce qu’elle a donné
sans compter,
sans calculer,
sans se protéger.
Elle revoit les gosses,
leurs cris, leurs rires,
leurs larmes, leurs émotions
le bazar dans cette salle

Elle repense à son attitude,

à ce qu’on lui a reproché
sans la guider sans rien dire
Ça a foiré pour elle,
Quand ils sont rentrés dans la salle
que les gosses étaient trop joyeux
sans regrets, sans pitié,
elle a compris qu'elle sera pas renouvelée

juste un mail au dernier moment
Abus de silence.
Abus de décision.
Abus de pouvoir.

Où c’est qu’t’as vu un bon Dieu
qui revient réparer ce qu’on brise chez les gens ?
Qui les fous à la porte
en deux phrases mal dites
et trois regards mal placés ?
On a voulu vous aider !
leurs arguments bien trempés

Le BAFA, le BPJEPS,
toutes ces conneries ,
faudra repasser par la case départ,
comme si ta vie était un échiquier
où t'as placé le mauvais pion
et tu t'es fait bouffer

Et maintenant tu vas chez le psy,
pour recoller
“Salut mamie t'as bien dormi ?”,
la phrase qui reste dans la tête,
comme une gifle qui laisse les cinq doigts de la main

cette main prête à signer
pour l'année d'après
mais qu'on a repoussé
Abus de mots.
Abus de mépris.
Abus de ceux qui pensent
qui t'ont éclaboussée

Qu’est‑ce qu’elle va faire
de ses tableaux,
de son bateau en bois,
de ses bouquins,
de ses sacs de chez ACTION ?

Elle va se réveiller,
se regarder,
encore un refus,
pas assez qualifiée.
Abus de jugement.
Abus de cases.
Abus de ceux qui décident
sans jamais regarder l’humain.

Une porte s’est fermée,
glaciale, brutale,
comme un courant d’air qui te dit te
“retourne pas”.
Tu restes là,
devant un portail de fer
qui s’ouvrira plus pour toi.
Mais ce qu’ils savent pas,
c’est que les portails,
ça finit par rouiller
avec le temps

Parce que rien ne se ferme pour te punir,
ça se ferme pour te pousser
vers une étincelle
que t’as pas encore vue briller.
Et toi,
t’as plus qu’à traverser le décor
peut être pour être" choisie

Merde aux décideurs.
Merde aux faux‑culs.
Merde à l’abus qu’on t’a fait subir.

T’es juste en train de reprendre
ce qu’on t’a volé.
Ta fierté

Tous droits réservés © Poème posté le 14/07/2026 par Anne28

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