A. Breton pensait qu'on pouvait parvenir à une véritable dictée de l'inconscient, détachée de toute préoccupation morale ou esthétique. La poésie, loin d'être une fin en soi, devenait alors un des moyens d'opérer la "révolution de l'esprit" que les Surréalistes appelaient de leurs vœux.
R. Desnos parvenait très vite à un état hypnotique qui lui permettait de dicter à un ami ce qui lui passait par la tête, l’écriture étant trop lente.
Pour moi, cette entreprise est illusoire parce que l’inconscient - en admettant qu'on puisse parvenir jusqu’à lui – reçoit une traduction qui passe par l’intermédiaire d’une verbalisation. Or les mots ne sont pas neufs, la langue non plus : on renoue nécessairement avec des habitudes esthétiques ou culturelles qui sont autant de filtres susceptibles de dénaturer la source primitive...
Bon, je m'arrête (pour aujourd'hui)