Il n’est pas de prison pour quiconque assassine,
De geôle où méditer les suites de la mort,
Où expier le crime, où soulager le sort
De cris que nul n’entend, d’êtres qu’on déracine !
Après le sang qui coule, il n’est de médecine
Capable d’apaiser ce silence qui mord !
Le sourire à la une a perdu tout ressort,
On l’ignorait, d’un coup, il attriste, il fascine.
Un souffle de justice écarte le bourreau
D’âmes qui saigneront bien après le barreau.
Pour la foule, il suffit d’anéantir une arme.
Voit-on le meurtrier happer l’être indigent,
L’être qui s’éteint seul, sans recours, sans alarme ?
Quand verra-t-on mourir sous l’arme de l’argent ?